Fuyez-vous Dieu ?
La mésaventure de Jonas
Joël Rissinger
 

Dieu demanda à Jonas de se rendre à Ninive, la capitale de l’Assyrie, pour y prêcher la repentance. « Je ne suis pas du tout de cet avis », dit Jonas. « Tu as dû me confondre avec quelqu’un d’autre. Il y a un problème dont il faut tenir compte ! Je suis israélite. Si je porte Ton message aux Assyriens, ils me tueront ». Au lieu de cela, Jonas se rendit à Japho, acheta son billet et prit place à bord d’un bateau en partance pour Tarsis. Mais, une tempête était en cours de formation sur la Méditerranée. Comme la mer devenait agitée, Jonas se réfugia au fond du bateau, espérant pouvoir dormir pendant les moments les plus forts de la tempête.

« Eh l’ami, » s’écria le capitaine, « N’es-tu pas ministre ou quelque chose de ce genre ? Réveille-toi ! ». Jonas ouvrit les yeux en grognant et il vit le capitaine qui était penché sur lui. Celui-ci avait le visage tout rouge et les yeux remplis de terreur. « Je ne sais pas ce que tu peux faire » dit-il, « Mais si tu es réellement quelqu’un de religieux, peut-être pourrions-nous avoir recours à la prière. Cette petite merveille est en train de sombrer ! ». Avant qu’il ne puisse s’en rendre compte, Jonas se retrouva sur le pont, à la tête d’un groupe de prières, composé des membres de l’équipage et des autres passagers. Du milieu d’eux, quelqu’un éleva la voix et déclara que Dieu avait révélé que c’était Jonas la cause de la tempête. « En fait, j’ai pris un repos sabbatique » répliqua Jonas, « mais vous avez certainement raison ». Une chose entraînant une autre, il n’a pas fallu longtemps pour que Jonas devienne le proverbial « homme à la mer ». Seul à la dérive, il ne pensait qu’à une chose : cela ne peut être pire.

Puis arriva le poisson. Un énorme poisson. Un poisson horrible, visqueux, et affamé. D’un seul coup, Jonas fut avalé. Pourquoi moi ? pensa-t-il, pourquoi moi ? Il existe un vieux dicton qui dit « On peut toujours courir, mais on ne peut pas se cacher ». Bien que ce dicton ne date probablement pas de l’époque de Jonas, il s’applique certainement à la situation.

En fait Jonas essayait de fuir Dieu. S’il avait pris en considération les paroles du roi David, il aurait réalisé que c’est une futilité que d’essayer de se cacher de Dieu.

« Où irai-je loin de ton esprit ? Où fuirais-je loin de ta face ? » demanda David à Dieu. « Si je monte aux cieux, tu y es, si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aurore, et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer, là aussi ta main me conduira, et ta droite me saisira. » (Psaume 139 : 7-10). Nous ne pouvons jamais échapper à ce que Dieu nous réserve.

Peut-être qu’à l’instar de Jonas, nous fuyons tous d’une certaine façon l’appel de Dieu. Plutôt que d’être trop critiques à propos de Jonas, nous devrions nous interroger sur nos fréquentes tentatives de fuite.

Des excuses ?

Bien que nous sachions tous qu’il est physiquement impossible d’échapper à Dieu car Il est omniscient, omniprésent et omnipotent, nous tentons souvent d’éviter Sa volonté en utilisant des excuses quand nous sentons l’appel du Saint-Esprit. Ce sont apparemment des raisons légitimes, mais nous sommes toujours en train de fuir.

En clair, Dieu veut que tous arrivent à la repentance et à la foi en Jésus-Christ (2 Pierre 3 : 9). Quand vient notre appel initial au salut, Dieu veut que nous y prenions garde. Il n’y a aucune bonne raison de nous en détourner.

Pourtant, le commandement que nous donne Jésus de porter notre croix est un commandement qui demande une mise en pratique constante. Il ne s’applique pas seulement à notre conversion initiale mais demeure valable à chaque instant.

Nous devons suivre notre Seigneur et Berger tous les jours de notre vie. Quand Il nous appelle, nous devons répondre, et non fuir ou nous cacher.

Notre appel collectif

Le livre de Jonas ne se termine pas avec sa capture par le gros poisson. Jonas se repentit d’avoir fui devant Dieu, le poisson le vomit sur la berge et il alla à Ninive. Bien que sa prédication fût couronnée de succès, Jonas n’était pas content. Nous pouvons lire dans Jonas 4 : 1-2 : « Cela déplut fortement à Jonas et il fut irrité. Il implora l’Eternel, et il dit : Ah ! Eternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays ? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère, riche en bonté et qui te repens du mal ». Jonas ne voulait pas que Ninive soit sauvée. Il s’en alla car il voulait voir ses ennemis anéantis.

Au déplaisir de Jonas, les Ninivites se repentirent et Dieu les épargna. La réponse de Dieu à Jonas nous interpelle : « As-tu le droit d’être en colère ? ». Bonne question ! Parfois nous rencontrons des non-croyants, et au lieu de les aimer et de vouloir qu’ils reçoivent le salut, nous nous fâchons. Nous réclamons « la justice ». Nous voulons qu’ils obtiennent ce qu’ils méritent.

Le livre de Jonas s’achève en décrivant le prophète assis au soleil, boudant à cause de la miséricorde divine. Une triste conclusion !… Mais est-ce bien le cas ?

Nous espérons que Jonas s’est repenti de cette attitude et qu’il a trouvé l’inspiration pour nous raconter son histoire. Nous espérons que Jonas a compris l’attitude qu’il est commandé aux chrétiens d’avoir. Jésus enseigne à Ses premiers disciples et à tous ceux qui ont la bénédiction d’être appelés de Son nom : « Allez et faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur tout ce que je vous ai prescrit. Et voici je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28 : 19-20).

En résumé

En résumé, Jésus nous demande :

1) D’amener des gens à Lui.

2) De leur inculquer Ses enseignements. C’est à la fois une responsabilité collective et individuelle. Quelles que soient les opportunités que nous avons de servir Jésus-Christ, ce commandement concerne chacun de nous. Cela demande que nous soumettions nos propres désirs, craintes, et intentions à l’amour de Christ. Cela suppose que Son sentiment d’amour nous habite et devienne également nôtre.

Les chrétiens devraient se rappeler : devant Dieu, il leur est possible de fuir, mais jamais de se cacher.

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