' Bénis sois-tu entre toutes les femmes '
John Halford
 

Le temps était venu pour Dieu d'envoyer Son Fils dans le monde ; le Sauveur, qui aurait Dieu pour Père, devait être Dieu et homme à la fois... par conséquent Sa mère devait être humaine. Mais pas n'importe quelle femme. Etre la mère du Fils de Dieu était la responsabilité la plus impressionnante que Dieu eût jamais donné à un être humain. Elle devait être une femme animée d'une foi puissante, d'un grand courage et d'un sens aigu de l'engagement. Une telle femme a existé, il y a deux mille ans, à Nazareth.

Quand nous entendons parler de Marie pour la première fois,elle a environ vingt ans. Selon toute probabilité, elle vit chez ses parents dans une ville située à flanc de colline en Galilée. Nous ne savons rien de sa famille hormis le fait qu'elle a au moins une sœur.

Marie est bien éduquée pour l'époque, et elle connaît les Ecritures – ce que nous appelons l'Ancien Testament. Elle connaît bien le message des prophètes, et comme toute personne craignant Dieu à son époque, elle attend la venue du Messie, Lequel sauvera son peuple de ses péchés et restaurera leur grandeur nationale. Marie espère que cela arrivera de son vivant, mais c'est Dieu qui décide. Dans l'intervalle elle a un mariage à préparer.

Dans quelques mois Marie deviendra la fiancée d'un charpentier des environs appelé Joseph. C'est un homme respectable et bon. Marie peut envisager un avenir sans histoires, assez prospère et paisible.

Mais Dieu a un plan tout à fait autre pour elle. Il lui envoya l'ange Gabriel, porteur d'un message saisissant : « tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ». Cette jeune femme fut choquée, et posa la question qui s'imposait : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme » ?

L'ange expliqua à Marie que Son enfant n'aurait pas de père naturel. « le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le Saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils du Très-Haut — Le Fils de Dieu ». Marie commençait à saisir tout ce que cela impliquait. Elle, une jeune fille vierge, allait devenir la mère du Messie promis. C'était un grand honneur mais cela allait entraîner quelques difficultés d'ordre pratique.

Qui la croirait ? Certainement pas ses amis ni ses voisins. C'était après tout une histoire peu crédible. Et comment allait-elle apprendre à son fiancé qu'elle était enceinte. C'était un homme honorable qui attendait de sa future femme une bonne conduite.

C'était le pire cauchemar que pouvait avoir une jeune fiancée. Sa réputation serait perdue. Presque certainement elle perdrait aussi l'amour et le respect de son futur mari. Elle risquait même d'être lapidée.

Tout cela ne fait que rendre encore plus remarquable cette humble et calme réponse que donna Marie : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole ».

Le Dilemme de Joseph

Marie avait raison en pensant que Joseph n'allait pas comprendre. La première réaction de celui-ci fut que Marie avait été infidèle. Comment pouvait-il la prendre pour femme maintenant ? Qu'est-ce que les gens penseraient d'elle ? Ou de lui ?

Un autre homme aurait pu se mettre en colère et chercher à se venger, ce que permettait la loi. Mais la Bible nous dit que Joseph était un homme de bien et qu'il aimait beaucoup Marie. Bien sûr il ne pouvait pas se marier ave celle, pas après cela. Mais il décida de rompre avec elle en secret (en ce temps-là deux personnes fiancées étaient considérées comme liées).

Dieu intervint. Un ange apparut à Joseph et lui expliqua la vérité, et avec beaucoup de soulagement il accepta la situation. Cependant, Marie et Joseph risquèrent tous deux leur réputation pour accomplir la volonté de Dieu. Mais la mauvaise réputation de « l'illégitimité » poursuivrait Jésus et Marie toute leur vie.

C'est peut-être pour échapper aux cancans que Marie quitta la ville. Elle voyagea vers le sud, vers la région montagneuse de Judée pour rendre visite à une parente, Elisabeth. Elisabeth était peut-être la seule personne au monde avec qui elle pouvait s'identifier.Comme elle, elle était enceinte. Elle avait été choisie par Dieu six mois plus tôt, pour devenir la mère de Jean-Baptiste, bien qu'elle eût passé l'âge d'enfanter.

Ces deux femmes partageaient un unique moment dans l'histoire, et toutes deux avaient besoin du soutien l'une de l'autre.

Jésus est né

Marie resta environ trois mois avec Elisabeth. Elle attendait peut-être la naissance de Jean avant de revenir à Nazareth, mais ses voyages et ses ennuis n'étaient pas terminés. Juste avant que son enfant ne naisse, les autorités romaines ordonnèrent un recensement. Cela voulait dire que tout homme devait revenir momentanément dans son pays natal afin d'y être enregistré. Marie et Joseph voyagèrent donc vers le sud pour se rendre à Bethléem. Il devait s'écouler de nombreuses années avant qu'elle ne revoie Nazareth.

Vous connaissez la suite. Avec tous ces gens qui voyageaient, les auberges étaient pleines. Jésus naquit soit dans une dépendance, dans un endroit utilisé pour héberger les animaux des voyageurs ou bien alors dans une cave qui servait à cette même fin. La Bible ne dit pas spécifiquement qu'il s'agissait d'une étable. De même qu'elle ne dit pas que des animaux étaient présents. La scène de la nativité était probablement très différente de nos crèches de Noël traditionnelles. Il était clair que Jésus naquit dans des circonstances très humbles.

Plusieurs semaines après, Marie et Joseph obéirent à la tradition en présentant leur fils au temple à Jérusalem. Là ils rencontrèrent Siméon, un vieil homme dévot qui attendait le Messie. Il bénit l'enfant et prophétisa Son rôle de Sauveur de l'humanité. Puis regardant Marie, il donna cet avertissement: « et à toi-même une épée te transpercera l'âme » ...

En fuite !

Marie et Joseph demeurèrent à Bethléem plusieurs mois, jusqu'à ce qu'une fois encore leur vie soit mis en danger. Des sages venant de l'Est ( la Bible ne dit pas spécifiquement qu'ils étaient trois, et qu'ils étaient rois ) vinrent rendre visite à Jésus. Mais ils firent l'erreur de présenter leurs respects à Hérode, le dirigeant paranoïaque local. Cela ne leur rendit pas service lorsqu'ils demandèrent : « où est le roi des Juifs qui vient de naître » ?

Percevant en Jésus un rival, Hérode imagina un plan pour sauvegarder sa dynastie. « Quand vous l'aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que j'aille aussi moi-même l'adorer », dit-il aux sages. Mais Dieu avertit ceux-ci dans un songe, afin qu'ils ne fassent pas ce qu'avait demandé le roi. Et après avoir offert leurs présents à Jésus, ils quittèrent le pays par un autre chemin. Furieux, le roi Hérode ordonna la mise à mort de tous les enfants mâles âgés de deux ans et moins à Bethléem. Juste à temps un ange avertit Joseph de partir, et au moment même où les escouades d'Hérode descendaient à Bethléem, Joseph et Marie s'enfuirent en Egypte avec leur bébé.

Grossesse prémaritale, naissance traumatisante, et maintenant une réfugiée - la foi de Marie et son engagement furent certainement mis à l'épreuve.

Retour à Nazareth

La famille resta en Egypte jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'Hérode était mort. Il semble que Joseph avait l'intention de s'établir en permanence à Bethléhem, peut-être pour éviter les rumeurs de Nazareth, mais le successeur d'Hérode s'avéra être aussi tyrannique que son père, la famille par conséquent se retira en Galilée. Ce fut là que Jésus grandit.

Nous n'avons pas de détails authentiques sur ces années, excepté l'histoire de Jésus, qui, lorsqu'il eut douze ans, fut perdu trois jours à Jérusalem. Ses parents bouleversés le trouvèrent au temple, absorbé dans des discussions avec les anciens.

Comme un parent soulagé, Marie gronda son enfant : « mon enfant pourquoi agis-tu de la sorte avec nous » ?

« Pourquoi me cherchiez-vous », répondit-il. « Ne savez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon père » ?

Marie ne comprit pas – pas entièrement du moins. Mais elle réfléchissait profondément à propos de ces choses alors qu'elle continuait à élever son fils aîné, rempli de talents, mais parfois énigmatique. La vie ne pouvait jamais être normale pour la mère du Fils de Dieu.

Le fer lui transperce l'âme

Nous ne savons pas grand-chose sur Marie après que Jésus eut commencé Son ministère. Alors que Sa vie s'acheminait vers son inévitable destinée, Il devint encore plus controversé. Il fut admiré, respecté et aimé par beaucoup de gens, mais personne ne L'aima plus que Marie. L'amour d'une mère pour son fils ne diminue pas lorsque celui-ci devient un homme. Marie voyait Jésus d'un point de vue unique. Elle L'a sevré, elle L'a vu apprendre à marcher et à parler, et elle L'a vu grandir depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte.

Le jour où Il fut crucifié doit aussi avoir été le pire jour de sa vie. Elle resta avec Lui jusqu'à la fin, partageant Ses heures d'agonie avec une empathie unique, car c'était sa propre chair et son propre sang suspendu à la croix. Et quand le soldat romain Lui perça le côté, une épée émotionnelle pénétra en Marie aussi, tout comme Siméon le lui avait prophétisé.

Les dernières années

Son fils était mort, mais la vie devait continuer. Marie retourna à Jérusalem avec Jean à qui Jésus l'avait confiée. Vous pouvez imaginer sa joie et son soulagement lorsqu'elle entendit les nouvelles de la résurrection de Jésus.

Lorsque nous jetons un dernier coup d’œil sur Marie, nous la trouvons parmi un groupe de croyants qui attend le jour de la Pentecôte où devait commencer l’œuvre de l'Eglise. Nous ne savons pas quand et où elle mourut, mais la tradition veut que ce soit à Ephèse vers l'an 50 après J.C.

Marie fut la première chrétienne. Elle fut la première à sentir (d'une façon unique) la présence de Christ en elle. Elle fut la première à accepter les responsabilités, bénédictions, et afflictions de Son Evangile, et la première à connaître la joie, l'amour, mais aussi la peine occasionnelle, qui viennent d'une relation intime avec Lui.

La Bible a beaucoup de magnifiques exemples de foi. Mais y en-a-t-il un seul de ces exemples qui puisse vraiment être comparé à la confiance et à l'obéissance de la jeune femme juive qui, faisant face à l'une des plus incroyables responsabilités jamais confiées par Dieu, répondit simplement : « qu'il me soit fait selon ta parole » ?

© Tous droits réservés – 1978-2008 - Eglise Universelle de Dieu