Feu de Dieu ou feu de paille ?
Joseph Tkach
 

Un mystérieux proverbe Grec raconte l'histoire d'un fermier parlant d'un objet qui lui était précieux : « C'est la hache de mon grand-père » disait-il fièrement. « Mon père en changea le manche et j'y ai mis un nouveau fer de hache ».

Vous saisissez le problème ? La hache n'a que deux parties. Si les deux ont été remplacées, alors assurément la hache d'origine n'existe plus. Mais d'une autre façon, la hache représente ce qui fut passé de père en fils. Dans un sens il en est de même avec le Christianisme. Pour rester efficace dans un monde en évolution constante, le Christianisme doit changer de façon radicale. Cependant, d'un autre côté, le Christianisme a une mission très conservatrice. Il essaye de garder en vie certains éléments spécifiques du passé.

Il n'y a pas de croissance sans changement. En fait, la seule façon d'évaluer la croissance est de mesurer les changements survenus. D'un autre côté tous les changements ne sont pas bons et tous ceux qui apportent des changements ne sont pas dignes de confiance.

Tous ceux qui affirment parler au nom de Dieu ne le font pas forcément. Même des chefs religieux de bonne foi ne parlent pas tout le temps au nom de Dieu. Bien souvent Dieu s'immisce dans nos vies et révèle de façon spectaculaire Sa présence. Comme par exemple quand Il est apparu à Moïse dans le buisson ardent.

Vous trouverez cette histoire dans votre bible au troisième chapitre d'Exode :

« Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian ; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb. L'ange de l'Eternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d'un buisson. Moïse regarda; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point ».

Un appel à s’engager

Ce même Dieu, aujourd'hui, peut aussi nous appeler à un engagement total, et ceci de façon remarquable. Mais toutes les manifestations inexpliquées viennent-elles de Dieu et mettent-elles bien en évidence Sa présence ? Vous pouvez vouloir grandir dans la vérité, mais comment savoir si vous n'êtes pas victime d'une supercherie ? Comment être sûr que vous entretenez une relation aussi sincère que celle de Moïse dans l'épisode du buisson ardent ou que vous n'êtes pas trompé par quelque pyromane religieux qui aurait allumé un feu de paille ?

Nous pouvons tirer cinq leçons de la rencontre de Moïse et de Dieu près du buisson ardent. Elles peuvent nous aider à distinguer le vrai du faux, le mythe de la réalité quand le changement dans nos vies remet tout en question.

1. L’utilisation de choses courantes

Le feu dans le buisson ardent symbolise la présence de Dieu. Dans ce cas précis c'était Lui l'instigateur de cette expérience dans la vie de Moïse . C'est le premier point. Le « feu de Dieu » était un phénomène banal (le feu) qui a été utilisé d'une façon spéciale (un buisson qui ne se consume pas).

Un buisson en feu, était en soi une chose inhabituelle mais pas inexplicable. Dans la chaleur sèche du désert, la combustion spontanée arrivait quelquefois. Moïse avait probablement vu quelque chose de similaire auparavant. C'était assez banal pour attirer son attention, sans lui faire peur et l'éloigner.

Quand Dieu agit d'une façon nouvelle, les gens ne devraient pas avoir peur. Cela devrait être ressenti comme quelque chose de magnifique. Mais si le phénomène est exotique, étrange ou sinistre, nos antennes devraient nous dire « attention, prudence »

2.Il ne se consume pas

Le buisson était en feu mais ne se consumait pas. Les manipulations de l'homme dans le domaine spirituel finissent par blesser, dévorer et détruire. Par contre, le feu de Dieu brûle avec chaleur et lumière et ne fait pas de mal.

Il y a des Chrétiens qui soutiennent que « leur » Eglise n'est faite que pour des gens très spéciaux qui sont arrivés à un niveau acceptable de spiritualité, en observant la loi, en écoutant un certain type de musique, en suivant des règles diététiques précises ou je ne sais quoi d'autre. Ce qui est sous-entendu dans ce genre de pensée c'est que Dieu n'attend que le bon moment pour punir toutes les décisions ou conclusions erronées que nous pouvons prendre.

Ils oublient que Dieu aime la diversité, Il l'a d’ailleurs créée. Très souvent nous croyons que Dieu n'écoute que de la musique écrite au XVIIème siècle ou peut-être par le roi David. Que Dieu n'accepte que le culte qui Lui est rendu pendant une période de 24 heures, une fois par semaine.

Je suis surpris chaque fois que j'entends des gens me dire combien leur compréhension de la grâce est grande alors qu'ils montrent si peu de miséricorde envers les autres. Certains veulent que ceux qui n'arrivent pas à leur standard de droiture soient « sacrifiés ».

L’Eglise est un hôpital pour les pêcheurs, un endroit où les gens viennent pour être soignés et transformés par le Saint-Esprit. Nous sommes un chantier « en cours » que Dieu n'a pas encore terminé.

L'Eglise devrait être un endroit où les gens viennent et se sentent aimés, pardonnés et acceptés. Mais trop souvent nous voudrions qu'ils changent avant de les accepter, de leur pardonner et de les aimer.

Le « Feu de Dieu » illumine, il ne détruit pas.

3. Dieu est au centre

Quand Moïse s'est avancé pour regarder, Dieu l'a appelé de l'intérieur du buisson : « Moïse ! Moïse » ! et Moïse répondit « me voici ». Le feu de Dieu produit la Parole de Dieu. La Parole de Dieu sera toujours au centre d'un renouveau spirituel ou d'une nouvelle expérience.

Dans l'Eglise, à l'heure actuelle, plusieurs idées provoquent la controverse : se « délecter de l'esprit », « le rire saint »etc. Parfois, lorsque les gens expérimentent ceci, on leur demande de ne pas prier, sous prétexte que la prière entravera l'expérience.

Nos antennes devraient se dresser dès que quelqu'un nous dit cela. Un vrai renouveau spirituel est toujours centré sur Dieu et sur Sa parole. Un véritable renouveau spirituel est continuellement basé sur la vérité des Ecritures et il en résultera un regain d'amour pour les Saintes Ecritures. Nous devrions nous montrer très prudents à l'égard d'événements ou de mouvements qui manipulent les émotions au détriment de la vérité et de son objectivité.

Avons-nous besoin de révélation et d'expériences autres que celles de la Bible ?

C'est une des choses qui a été enseignée à certaines personnes qui ont été prises au piège par le mouvement préconisant « le rire saint » et « la délectation de l'Esprit ». Elles disent qu'elles ont des révélations qui vont au-delà des Saintes Ecritures. Encore une fois nos antennes devraient se dresser. Certaines personnes veulent nous faire croire que c'est par notre propre pouvoir que nous obtiendrons ce que nous voulons. Ils appellent cela « le pouvoir de la foi ». Ils disent que si vous avez cette foi, vous pouvez demander et obtenir ce que vous voulez.

Vous pouvez « le réclamer et l'obtenir ». Mais ces enseignements viennent directement de la sorcellerie : si vous connaissez les bonnes incantations, les noms des esprits et les mots exacts, les esprits invoqués exécuteront vos ordres.

Il est dramatique de constater que beaucoup de chrétiens se sont laissés prendre à cette supercherie. Cela ne veut pas dire nécessairement que ce soit de faux chrétiens. Cela signifie tout simplement que ce sont des chrétiens qui croient de fausses doctrines qui leur font du mal. Certaines personnes se laissent même aller à l'hystérie et à l'hypnose quand ils « absorbent l'esprit ».

C'est un phénomène psychophysiologique qui peut agir sur votre système sensoriel. C'est comme lorsque vous rentrez dans une pièce qui sent mauvais. Après quinze minutes passés dans la pièce en question, vous ne le remarquez plus, parce que vos sens olfactifs ont été neutralisés. La même chose peut arriver avec les facultés cognitives de notre cerveau. Par exemple, quand les gens prononcent une formule sacrée (Mantra) ou répètent un mot à l'infini, il arrive un moment où il perd toute signification : ils engourdissent leur cerveau. Vous pouvez choisir n'importe quel mot. Même un mot aussi anodin que « chaise » répété assez longtemps peut vous faire entrer en transe.

C'est ce qui est dangereux lorsque les gens répètent continuellement le mot « Jésus » jusqu'au point où il n'a plus de sens. Cela provoque un état de conscience ouvert à toute sortes de suggestions. La personne qui les enseigne peut implanter certaines pensées, certains mots clefs qui, une fois entendus, les plongent de nouveau dans un état de transe. C'est dangereux, et de bons chrétiens se font prendre au piège. Jésus ne veut pas que nous utilisions et que nous répétions Son nom en vain.

4. Terre Sainte

Dieu dit à Moïse « n'approche pas d'ici, ôte tes souliers, car ce lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte ». Le feu de Dieu exige notre respect. Il demande une action intelligente à l'égard de Sa Sainteté. Pas de l'hystérie. Pas un état d'inconscience ou un état de rire hystérique.

La bonne réponse à l'Esprit de Dieu produira des activités convenables et ordonnées. Dans ses conseils en ce qui concerne les dons de l'esprit (1 Corinthiens 14) l'apôtre Paul rappelle avec soin que les choses concernant Dieu ne sont pas une plaisanterie. Parler en langues étaient un phénomène connu des religions païennes. Et c'était aussi un témoignage de la grande puissance de Dieu car Il pouvait donner la possibilité aux gens de parler en langues. Mais Il ne donne pas ce don à tout le monde et certainement pas pour créer la confusion.... « Si donc, dans une assemblée de l'Eglise entière tous parlent en langues, et qu'il entre de simple auditeurs ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous » ? disait Paul aux Corinthiens.

Malgré tout, certains créent des querelles et des divisions à ce sujet, considérant que c'est le signe de la vraie conversion. La réalité en fait est que nous n'avons pas tous les mêmes dons, que ce soit au niveau administratif, au niveau de la compassion ou du parler en langues.

Notre position dans l'Eglise de Dieu en ce qui concerne le parler en langues est de reconnaître qu'il est un des dons que le Saint Esprit donne aux gens. Certains de nos membres croient avoir ce don, c'est bien , ils sont les bienvenus, nous les aimons et nous les voulons parmi nous comme membres. Mais nous voulons qu'ils suivent les règles que l'apôtre Paul a établies pour le culte, et qu'ils se souviennent que c'est un don personnel qui n'a pas à être utilisé pour édifier toute la congrégation.

5. Un don pour servir

Un don spirituel, quel qu'il soit, doit toujours être utilisé pour servir et glorifier Dieu — et non pas nous-mêmes.

Le feu de Dieu révèle Sa nature et combien Il est impressionnant.

L'attention est reportée sur Lui, pas sur nous-mêmes. Sa gloire, Son honneur, Son pouvoir sont accrus, ce qui contraste avec certaines expériences égocentriques. Les feux de paille sont égocentriques. Le feu de Dieu Le glorifie, Lui. Quand nous nous trouvons dans une situation où une personne attire l'attention sur le fait qu'il ou elle est un leader spécial, il est probablement question ici d'un feu de paille et non du feu de Dieu.

Le Feu de Dieu apporte la délivrance et il change nos vies.

L'Eternel dit: « J'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte, et j'ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs. Je suis descendu pour le délivrer de la main des égyptiens, et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays, dans un pays où coulent le lait et le miel ».

La nécessité d'un vrai renouveau spirituel

Un vrai renouveau spirituel entraîne un changement de vie, un changement en bien. Beaucoup d'Eglises, aujourd'hui, pressentent la nécessité de ce renouveau. Nous avons besoin de l'aide de Dieu , de Son autorité et de Son orientation, que nous soyons des leaders comme Moïse ou des gens ordinaires aux prises avec l'esclavage du pêché, comme les Israélites.

Dieu nous guidera comme ils les a guidés. Méfions-nous des raccourcis. Tous les buissons qui brûlent ne sont pas de Dieu. Examinons-les soigneusement.

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