La théorie de l'Evolution, version Darwin, est
présentée habituellement comme un fait. Les
théories de ce naturaliste du dix-neuvième
siècle ont dû subir quelques modifications
à la lumière de découvertes scientifiques
plus récentes. Mais l'on accepte qu'il avait raison
lorsqu'il expliqua que la vie apparut spontanément
à partir de la matière inorganique, puis se
développa au moyen de la sélection naturelle.
C'est ce qui nous a été enseigné, et
ceux qui ont des doutes feraient bien de les garder pour
eux s'ils ne veulent pas être taxés de fanatiques
religieux.
Beaucoup d'entre nous ont cependant des doutes à
ce sujet, du fait que la Bible semble dire quelque chose
de tout à fait différent. Elle nous dit que
Dieu créa l'univers, y compris notre monde et tout
ce qui s'y trouve.
Il y eut beaucoup de tentatives pour réconcilier
ces deux idées, et les adversaires cohabitent plus
ou moins pacifiquement la plupart du temps. Mais au bout
du compte, il n'y a pas de terrain d'entente. Au fond, les
deux positions ne peuvent pas avoir raison. Soit Dieu créa
la vie, soit elle a évolué sans Lui. Si Darwin
avait raison, la Bible a tort. Et si cette dernière
a tort à ce sujet, se pourrait-il qu'il y ait d'autres
domaines où elle serait aussi dans l'erreur ?
De temps à autres les deux camps se font face pour
une épreuve de force. D'habitude c'est l'évolution
qui gagne aux points - souvent parce que les arguments avancés
pour soutenir la croyance en une interprétation littérale
de la Genèse paraissent ridicules par rapport à
ce qui semble être des preuves scientifiques irréfutables.
Néanmoins certains fondamentalistes croient que leur
foi se base sur l'acceptation que toute parole de la Genèse
est littéralement vraie. Cette croyance, qui voudrait
que la terre ne date que de quelques milliers d'années,
est connue sous le nom de créationnisme.
Toutefois, certains scientifiques sans préjugés
religieux commencent de nouveau à poser des questions
brûlantes. Ils ne soutiennent pas la position créationniste.
Néanmoins, ils signalent que, selon les normes de
la science elle-même, il existe des failles sérieuses,
voire fatales, dans l'explication de l'origine et du développement
de la vie selon Darwin.
Récemment un défi de taille a été
lancé, qui vient d'un milieu tout à fait inattendu
: la micro-biologie. Dans son livre remarquable, «
Darwin's Black Box » (La Boîte Noire de Darwin),
Michael Behe démontre comment à l'échelle
microscopique, la vie est beaucoup plus complexe que ce
que Darwin a pu imaginer. Darwin, malgré toutes les
critiques dont il a été l'objet, fut en fait
un scientifique honnête et méticuleux. Il fit
d'ailleurs cette concession : « si l'on arrivait à
démontrer qu'il existait un organe quelconque qui
n'ait pas pu se former suite à de nombreuses et légères
modifications successives, alors ma théorie ne tiendrait
pas debout. »
Et il paraît que cela se soit produit. Dans ce qu'il
appelle « la complexité irréductible
» , Behe démontre comment chaque composant
de certaines formes de vie minuscules est nécessaire
pour la survie. Pourtant, tous les composants sont trop
complexes pour qu'ils apparaissent tous simultanément
sur la scène évolutionniste. Behe fait la
comparaison avec un piège à souris dont tous
les composants sont nécessaires pour qu'il fonctionne.
Enlever n'importe lequel des composants et le piège
ne fonctionnera pas. Pas plus que ces petites bestioles.
Un nombre croissant d'universitaires aux U.S.A. réclament
une nouvelle investigation. Sans s'attacher à une
cause religieuse, ils considèrent que d'autres explications
de l'origine et du développement de la vie méritent
d'être entendues.
Cela promet d'être un débat intéressant.
Nous vous tiendrons au courant.