Accueillons-les !
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A la sortie de l'école, comme vous, elle attend son enfant, mais son regard n'a pas l'éclat du vôtre. Elle reste discrète, un peu seule, et personne ne la remarque. Elle n'a pas l'insouciance et le rire facile de toutes ces jeunes mères qui viennent conduire et rechercher leur enfant à l'école maternelle. Un drame a déjà traversé sa vie.

Les portes s'ouvrent, chaque parent s'élance vers la classe de son petit, puis main dans la main, heureux, chacune et chacun s'en retournent à la maison.

Mais elle ne peut serrer la main de son enfant et l'emmener gaiement. Ses mains à elle se referment sur deux poignées de caoutchouc. Oui, vous la voyez pousser le fauteuil roulant dans lequel se trouve son enfant. Vous la regardez avec tristesse, avec compassion, mais vous ne lui parlez pas. Son enfant est différent du vôtre. Elle est différente de vous.

Souffre-t-elle de cette indifférence, de ces regards, et de ces silences ? Cette situation la marginalise dès le départ. Car elle s'est tout d'abord battue avec son enfant pour qu'il vive. Ensuite elle s'est battue avec elle-même pour accepter l'inacceptable : le handicap. Et puis, elle se bat chaque jour contre ces regards.

Vous la voyez aujourd'hui à l'école de votre enfant, mais combien de refus a-t-elle dû essuyer avant qu'une école, qu'une institutrice accepte dans sa classe un enfant « pas comme les autres ».

C'est pourtant dans une école maternelle qu'un enfant présentant une déficience motrice ou intellectuelle a le plus de chance d'être intégré. L'enfant peut alors aller à la rencontre des autres, avoir une vie sociale tout en développant ses capacités intellectuelles.

Elle a pourtant dû faire le parcours du combattant. Alors...regardez-la non avec pitié mais amicalement. Souriez-lui, parlez-lui simplement. Ecoutez-la. Liez-vous d'amitié. Invitez son enfant chez vous pour qu'il joue avec le vôtre. Aidez-la à porter son fardeau. Vous deviendrez plus riche de cette expérience. Vous découvrirez dans cette famille une force. Vous découvrirez dans cet enfant une richesse et des possibilités peu communes.

Alors que les différences font peur et que nous sommes le plus souvent attirés vers ce qui est soi-disant « normal » et par ce qui nous ressemble, pensons à ces paroles de Christ que nous trouvons dans Matthieu 19 : 19 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Sommes-nous capables d'éliminer les barrières que nous dressons, d'étendre notre amour au delà des apparences et d'aller vers ceux qui sont différents de nous comme le faisait Jésus-Christ ? C'est à nous de le prouver chaque jour, par nos actions si petites soient-elles, par des gestes simples mais toujours réconfortants, comme envers cette mère qui a tant besoin d'un sourire.

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