Jésus, fatigué du voyage, s'assit au bord
du puits. Il était environ midi. Une femme samaritaine
vint pour puise de l'eau…
Aujourd'hui, elle pourrait faire la une d'un mauvais journal
sous le titre « Femmes ayant eu cinq maris ».
Mais les étudiants de la Bible la connaissent mieux
par le titre moins sensationnel de « la Samaritaine.
» L'histoire (Jean 4:1-42) commence par un étranger
en ville. Alors qu'il voyageait, il s'arrêta pour
se reposer et se restaurer un peu. Il rencontra la Samaritaine
par hasard près d'un puits. Cet homme n'était
pas n'importe quel homme. Et la femme avait plusieurs choses
contre elle.
Son premier problème : elle était Samaritaine.
Les samaritains avaient leur propre version du Pentateuque
(les cinq premiers livres de l'ancien testament) et rejetaient
le reste. N'importe quel Juif considérait la religion
de la Samaritaine comme très imparfaite. Elle était
une hérétique.
Son deuxième problème ? Elle était
une femme. La culture au temps de Jésus, ne considérait
pas les femmes comme égales aux hommes. Nos valeurs
contemporaines diminuent notre capacité à
comprendre le monde dans laquelle cette Samaritaine vivait.
Son troisième problème était sa moralité
personnelle. Elle était non seulement une femme,
faisait partie d'un groupe religieux méprisé,
mais en plus elle était une femme déchue.
Mais Jésus s'approcha d'elle en traversant ces barrières
afin de toucher sa vie.
« Il arriva donc dans une ville de Samarie nommée
Sychar, près du champ que Jacob avait donné
à Joseph, son fils. Là se trouvait le puits
de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était
assis au bord du puits. C'était environ la sixième
heure. Une femme de Samarie vint puiser de l'eau »
(Jean 4 : 5-7).
Imaginez la scène, alors que la Samaritaine s'approchait
du puits, un homme étrange était déjà
assis là. Il semblait être un étranger,
un voyageur. Il était différent des autres
hommes. Et la Samaritaine avait connu beaucoup d'hommes.
Elle ne se doutait pas que l'homme qu'elle approchait était
le fils de Dieu incarné, qui s'était volontairement
assujetti au temps et à l'espace, et faisait maintenant
parti de l'histoire, assis au bord du puits et physiquement
fatigué après son voyage.
Comme elle s'approchait du puits, elle était consciente
qu'elle aussi était différente. Elle venait
au puits pendant la journée. Les autres femmes ne
faisaient pas cela. Elle y allait par elle-même. Les
autres femmes n'auraient pas fait cela. Les femmes de Sychar
puisaient l'eau en compagnie d'autres femmes tôt le
matin, ou vers le soir.
Consciente de sa vulnérabilité, elle continua
de s'approcher du puits et de l'étranger assis là
bas. Elle savait qui elle était. Ses cinq anciens
maris et son concubin actuel avaient fait d'elle une marginale.
Elle n'était pas traitée avec respect et ne
s'attendait plus à l'être. Mais elle avait
de l'expérience, suffisamment pour jauger les hommes
étranges. Etait-elle en sécurité ?
Elle avait besoin d'eau, mais elle devait aussi se soucier
de sa sécurité.
En s'approchant du puits, Jésus leva la tête
et la regarda. C'est alors qu'elle réalisa qu'il
était Juif.
Des questions lui vinrent à l'esprit: Que fait-il
ici ? A-t-il perdu la foi ? Ne connaît-il pas toutes
les règles qu'il transgresse ?
« Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus
lui dit: Donne-moi à boire » (Jean 4 : 7).
Le message de l'Evangile est important. L'Evangile nous
parle de conflits entre les races, de l'adultère
et de la discrimination sexuelle. Pour s'identifier et identifier
sa mission, Jésus parla en termes de « faim
et de soif ». Jésus demanda de l'eau à
une Samaritaine reconnue comme une prostituée.
Pour la femme, c'était à la fois une présentation
désarmante et spontanée. Il ne la condamna
pas du regard. Il n'agita pas des pancartes telles que :
« Repens-toi ou meurs ! » Il ne lui donna pas
un tracte religieux ou un pamphlet. Il lui demanda seulement
de l'aider.
Bien sûr, parler à une étrangère
en public, et pour un juif, boire de l'eau de son récipient
païen, tout cela était choquant pour l'époque.
« La femme Samaritaine lui dit: Comment toi qui es
Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis
une Samaritaine ? - Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations
avec les Samaritains » (Jean 4 : 9).
Jésus répondit en élevant le niveau
de la conversation.
« Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui
qui te dit : Donne moi à boire ! C'est toi qui lui
aurait demandé (à boire), et il t'aurait donné
de l'eau vive » (Jean 4 : 10).
La Samaritaine pensait qu'elle était en position
de pourvoir aux besoins de l'homme. Après tout, elle
avait un récipient, et elle avait l'habitude de pourvoir
aux besoins des hommes.
La réponse de Jésus signifiait qu'Il pouvait
pourvoir aux besoins de la femme. Mais la Samaritaine ne
comprit pas le tournant spirituel qu'avait pris la conversation.
Elle fit seulement la remarque que Jésus n'avait
pas de récipient pour puiser de l'eau. (C'était
la coutume des voyageurs d'avoir un récipient en
cuir qu'ils pouvaient transporter dans leurs bagages.)
« Seigneur, lui dit-elle, tu n'as rien pour puiser,
et le puits est profond; d'où aurais-tu donc cette
eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob,
qui nous a donné ce puits et qui en a bu lui-même,
ainsi que ses fils et ses troupeaux ? » (Jean 4 :
11-12).
Sous bien des aspects, la femme nous représente
à tous : Pauvres êtres humains brisés
par le péché. Elle faisait des efforts pour
essayer de comprendre cette discussion à propos de
l'eau et de la vie, et pour conserver ainsi Jésus
dans son monde physique et matériel.
Mais Jésus n'est pas quelqu'un que l'on peut conserver
ou capturer.
Jésus vient vers nous comme il le fit pour la Samaritaine.
En dehors du temps et de l'espace, Il vient dans notre monde
pour nous offrir la vie éternelle. De l'eau qui étanchera
notre soif de vie. Jésus trace la parallèle
entre notre besoin physique d'eau et notre besoin spirituel
fondamental. La Samaritaine connaissait tout de l'eau. Elle
venait au puits tous les jours. Comme tous les êtres
humains, elle avait besoin d'eau pour survivre.
Jésus fit appel aux aspirations spirituelles les
plus profondes de la femme.
« Jésus lui répondit : Tout homme qui
boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui
boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif.
Car l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source
d'où coulera la vie éternelle » (Jean
4 : 13-14).
Encore une fois, la femme donna une réponse physique
à l'offre spirituelle que lui fit Jésus, offre
qui avait trait à la vie éternelle.
« La femme lui dit : Maître, donne-moi cette
eau, pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus besoin
de venir puiser de l'eau ici » (Jean 4 : 15).
Ne sommes-nous pas tous, à bien des égard,
comme cette femme ? Nous répondons souvent de manière
physique à l'Evangile. Toute notre attention est
fixée sur nos besoins physiques. Nous voulons que
Jésus nous sauve, et ensuite qu'Il s'en aille. Nous
voulons qu'Il nous rende la vie plus facile. Nous voulons
que l'Evangile prenne soin de nos besoins physiques, mais
nous ne voulons pas réellement prendre notre croix
et suivre Jésus. Nous voulons l'Evangile, mais seulement
si cela nous arrange.
Nous décidons souvent que c'est plus important de
remanier l'Evangile en termes humains plutôt que de
l'accepter tel qu'il nous est offert. Nous voulons que l'Evangile
nous guérisse de tous nos maux et souffrances physiques.
Et nous devenons ainsi des cibles faciles pour tous ceux
qui nous disent, au nom de Jésus, que la guérison
physique est garantie si seulement nous nous conformons
à certaines formes de légalisme.
Nous voulons un Evangile qui nous rende riches, et nous
en venons à donner naïvement de l'argent à
quelqu'un qui prétend qu'en faisant cela, «
avec foi » , Dieu doublera ou même triplera
à coup sûr notre « investissement »
.
Parfois, nous pensons même qu'en nous rendant tout
simplement au même puits spirituel auquel nous sommes
toujours allés, et auquel sont allés nos parents,
nous plairons alors à Dieu. Nous nous leurrons en
pensant que naître dans une famille qui va à
l'Eglise fait automatiquement de nous des chrétiens.
Le christianisme n'est pas un club social.
Nous nous trompons en pensant que le seul fait de se rendre
au puits revient à faire tout ce qui est juste. Alors,
nous prenons parti au sujet de choses secondaires et nous
sommes fiers de demeurer inflexibles sur la nécessité
d'utiliser du vin ou du jus de raisin pour la communion.
Ou bien nous pensons être supérieurs aux autres
à cause du style de musique que nous utilisons pendant
notre culte... ou même encore si nous n'en utilisons
pas du tout. Ou à propos de ce que nous mangeons
et à quel moment nous en mangeons. Ou encore pour
ce qui est du jour de culte que nous observons.
Nous pouvons nous rendre à un puits, mais buvons-nous
de l'eau vive ? Est-il plus important de préserver
nos traditions religieuses ou nos traditions d'Eglise que
de suivre notre Sauveur ?
C'est embarrassant de rencontrer Jésus au puits,
n'est-ce pas ? Nous vaquons à nos occupations, et
soudain Il se présente devant nous. Il s'approche
de nous, nous demande de l'eau, engage la conversation,
et élève ensuite la discussion au niveau spirituel.
Au niveau de l'eau vive. Au niveau de la vie éternelle
que nous pouvons avoir par Lui.
Jésus entra directement dans la vie de la Samaritaine
en lui lançant un appel et un défi. Il envahit
sa vie. Jésus savait que si cette femme devait être
transformée spirituellement, elle avait besoin de
faire face à son péché. Cela ne lui
suffisait pas de penser que l'eau vive lui serait propice
et lui rendrait la vie plus facile.
« Jésus lui dit : Va appeler ton mari et reviens
ici » (Jean 4 : 16).
Jésus confronta la femme avec l'aspect le plus personnel,
le plus intime, de sa vie. En fait, Jésus lui demanda
de faire quelque chose qu'elle ne pouvait pas faire. Elle
ne pouvait pas appeler son mari parce qu'elle n'avait pas
de mari. Elle avait eu cinq maris, et l'homme avec lequel
elle vivait n'était pas son mari.
Jésus savait qu'il était impossible qu'elle
réponde à Sa demande, et pourtant Il savait
que Sa demande la guiderait vers une réalité
à laquelle elle devait faire face.
Pour que la Samaritaine accepte Jésus en tant que
Seigneur, elle devait voir en Lui beaucoup plus qu'une bonne
idée qui lui ferait économiser du temps et
de l'énergie. Jésus n'est pas une option pour
nous rendre la vie plus facile. Nous devons être convaincus
que Jésus nous est absolument nécessaire.
Si nous voulons être Ses disciples, il nous faut Le
connaître en tant que Sauveur.
Nous devons Le connaître parce que nous connaissons
le poids de nos péchés. Nous avons besoin
de Lui parce que nous ne pouvons être sauvés
d'aucune autre façon.
Jésus toucha la partie la plus vulnérable
de la vie de la Samaritaine. Tout à son mérite,
elle ne répondit pas à Jésus que cela
ne Le regardait pas. Elle ne lui mentit pas non plus.
La femme répondit : « Je n'ai pas de mari
» (Jean 4 : 17).
C'était une réponse courageuse. Une confession
intime et personnelle faite à un étranger.
Elle ne voulait pas parler de « maris ». Elle
aurait préféré parler d'eau, ou de
l'histoire, ou de l'origine du puits de Jacob. Ou peut-être
encore des nouvelles ou du temps qu'il faisait.
Mais Jésus ne la laissa pas se détourner
vers des banalités ou un sujet théorique.
Tout en la confrontant avec la réalité de
son péché, Jésus demeura doux et compatissant
envers elle.
Sans doute, avait-elle la tête baissée en
faisant face à la cruelle réalité de
sa vie. Elle était brisée, chargée
de péchés et perdue. Elle avait besoin de
bien davantage que l'eau du puits. Elle avait besoin de
l'homme qui était près du puits et qui seul,
pouvait lui donner l'eau vive, le salut et surtout le pardon
qu'elle espérait tant.
Après sa confession, Jésus continua et lui
dit ce qu'aucun autre étranger n'aurait pu savoir
sur sa vie.
Jésus lui dit : « Tu as raison de dire que
tu n'as pas de mari ; car tu as eu cinq maris, et l'homme
avec lequel tu vis maintenant n'est pas ton mari. Tu m'as
dit la vérité.
Alors, la femme lui dit : Maître, je vois que tu
es un prophète. Nos ancêtres samaritains ont
adoré Dieu sur cette montagne, mais vous, les Juifs,
vous dites que l'endroit où l'on doit adorer Dieu
est à Jérusalem » (Jean 4 :17-20).
Peut-être pensait-elle qu'elle pouvait changer de
sujet de conversation. Voulant désespérément
fuir la réalité révélée
par Jésus, peut-être voulait-elle attirer Jésus
dans une discussion sur les différences d'opinions
qui existaient entre Juifs et Samaritains.
Jésus lui répondit que de telles choses physiques
ne pouvaient pas être comparées avec la réalité
de Dieu, et Il lui dit comment les êtres humains devaient
Le chercher et L'adorer (versets 21-26). La Samaritaine
reconnut finalement que le Messie devait venir et qu'Il
expliquerait toutes choses au sujet de Dieu. Si la femme
essaya de changer de sujet, Jésus, cependant, ne
tomba pas dans le piège.
Finalement, Il se présenta à elle comme le
Messie. Dans l'Evangile de Jean, Jésus n'avait pas
encore révélé cela à quiconque.
La première personne à qui Il le révéla
fut la Samaritaine.
La femme commença à parler de l'étranger
près du puits à tous ceux qu'elle connaissait.
« Venez voir un homme m'a dit tout ce que j'ai fait.
Et si c'était le Christ ? » (Jean 4 : 29).
Beaucoup ont appelé la Samaritaine la première
évangéliste parce que son témoignage,
d'après l'Evangile de Jean, a amené beaucoup
de gens à croire en Jésus-Christ. Et nous
ne connaissons même pas son nom. Son témoignage,
en parcourant les siècles, a une grande signification
pour nous aujourd'hui.
Jésus rencontra la femme près du puits en
franchissant toutes les barrières raciales, sexuelles
et culturelles. Et Il est toujours là aujourd'hui,
franchissant aussi toutes les frontières qui subsistent
entre les diverses croyances et dénominations. Il
brise toutes nos règles et Il nous parle avec tant
de détails que cela nous démontre qu'Il nous
connaît depuis toujours.
Commencez donc à chercher l'homme près du
puits, un homme qui peut vous apporter de l'eau capable
de satisfaire vos besoins les plus profonds.