Préparer nos enfants à la grande aventure de la vie
André et Dana Silcox
 

Dans certains pays européens, le quart de tous les vols a été commis par des enfants de moins de 16 ans. Des enfants qui, aux yeux de la loi, sont trop jeunes pour être responsables et qui néanmoins, commettent les plus « adultes » des délits. Certaines écoles fréquentées par des enfants de cinq à sept ans ont même des gangs ! Il y a dix ans environ, un ministre unitairien, Robert Fulgham, s'est aperçu que la plupart des principes qui régissent notre vie d'adulte, peuvent en fait être appris dans les petites classes - des principes tels que « partager », « ne pas frapper les gens », « apprendre et réfléchir, et jouer de temps en temps ».

Combien nos enfants seraient-ils plus heureux et en meilleure santé si la majorité d'entre eux apprenaient ces valeurs à la maternelle ainsi qu'à la maison. Combien plus satisfaisantes pourraient être leurs amitiés et leurs relations avec les autres. Et combien plus productives seraient les années passées à les éduquer.

Qu'est-ce que la discipline ?

La question que nous considérons ici est celle de la discipline. Une intervention appropriée dans la vie d'un enfant destinée à modifier son comportement plutôt que de le laisser sans aucun contrôle. Les enfants ne concluront pas d'eux-mêmes que ces règles en apparence si simples sont bonnes, si on ne leur apprend pas pourquoi elles sont efficaces et comment les mettre en pratique.

Aujourd'hui les gens réagissent souvent de façon négative à la seule évocation du mot « discipline ». Le Petit Larousse définit la discipline comme : la soumission à des règles ou à un règlement. Aussitôt, des idées négatives de sévérité, de force physique, ainsi que de lois et de règlements rigides, nous viennent à l'esprit.

Mais d'un autre côté, le même dictionnaire définit la discipline de manière plus simple comme un entraînement moral et mental. Si nous considérons cette seule définition, nous pouvons voir que la discipline en elle-même n'est pas si négative. Toutefois, la question demeure : comment s'y prendre ?

Nous nous devons de donner à nos enfants quelques bases de conduite. Si nous les laissons faire face à la vie sans restrictions dans leur comportement, nous ne leur rendrons pas service. C'est en fait une sorte d'abus et d'abandon.

La vie peut être une aventure magnifique. Et la vie des enfants ne sera que plus heureuse, si on leur apprend à développer des contacts positifs ainsi qu'à résoudre les conflits auxquels ils peuvent faire face.

Les préparer pour la vie

Comment donc pouvons-nous aider nos enfants à se préparer pour l'aventure de la vie ?

Nous devons être capables de faire preuve d'un amour inconditionnel. Savoir dissocier une action inacceptable de la personne qui l'a commise. Un enfant mérite notre amour en tout temps - mais son comportement peut ne pas toujours mériter notre amour et notre acceptation.

Nous devons être sûrs d'avoir nous-mêmes appris ces précieuses leçons que l'on apprend étant enfant. Contrôlons-nous nos émotions et sommes-nous capables d'évaluer notre PROPRE comportement ? Serions-nous des membres appréciés et bienvenus dans une classe d'enfants?

Nous devons être capables de reconnaître les besoins physiques de nos enfants. Si un enfant a faim, s'il est fatigué, malade, s'il a froid, chaud, ou s'il n'est pas à son aise, s'il a peur ou s'il se sent abandonné, alors il réagira d'une façon négative. Nous devons pouvoir reconnaître la différence entre une réaction négative et un choix négatif. Nous devons avoir une attitude cohérente. Nous n'aiderons pas nos enfants en tolérant leurs mauvais comportements. Lorsque nous évitons de faire face à une attitude négative, nous condamnons nos enfants à être rejetés du monde. Ils ne sauront pas quoi faire lorsque les autres refuseront d'accepter leurs habitudes antisociales. Cela les laissera confus et blessés.

Leur enseigner de bonnes habitudes

Enseignez le principe de cause à effet de manière à ce que votre enfant le comprenne. C'est ce qu'on appelle de nos jours le renforcement positif et négatif. L'idée de base étant que lorsque nos enfants font des choix positifs, nous réagissons de façon positive. Ils apprennent que partager et remettre les choses à leur place sont de bons principes parce que cela rend les autres heureux, ce qui les rends heureux à leur tour.

Les enfants feront sans doute moins de mal aux autres si on leur a enseigné que leurs actions peuvent produire le mal dont ils ne voudraient pas souffrir eux-mêmes.

Très jeunes, ils peuvent apprendre à « aimer leur prochain comme eux-mêmes » si on leur montre qu'ils ne voudraient pas souffrir des conséquences de leurs actions négatives.

L'un de nos enfants (qui était en maternelle à l'époque) avait mordu très fort son plus jeune frère. Il en résulta des marques de dents et des pleurs. Je pris mes deux fils sur mes genoux et avec calme je montrai à l'aîné les larmes du plus jeune. Je lui demandai s'il savait pourquoi son frère pleurait et s'il était content de le voir ainsi. Non, il n'était pas heureux - il était troublé et ennuyé. Mais il était aussi évident que jusque là il n'avait pas tout à fait compris en quoi cela le concernait.

Je lui demandai donc s'il aimerait que je lui morde son bras. Cette pensée l'horrifia, bien qu'il ne pût imaginer que j'allais le faire. Je lui expliquai alors que son petit frère ressentait la même chose quand il l'avait mordu. Il savait que je ne l'aurait jamais mordu, et son petit frère aussi avait besoin de savoir que jamais plus il n'aurait à craindre de se faire mordre et de ressentir cette douleur.

Leur enseigner ce que « non » veut dire

Nous devons tous vivre dans un monde où existent le Oui et le Non. Oui nous pouvons faire ou avoir telle chose ; non nous ne pouvons pas avoir cela ; non nous ne pouvons pas faire cela. La vie est construite sur cet équilibre entre nos « oui », nos « non » et ceux des autres.

Nous ne donnerons pas à nos enfants un bon départ dans la vie si nous confondons la signification du Oui et du Non. Quelquefois nous pensons « oui et non - mais pas maintenant ». Ou bien nous disons « oui » en voulant dire « non » parce que notre promesse ne se réalise pas. « Non » peut vouloir dire « oui » si nous finissons quand même par céder. « Non » peut aussi vouloir dire « non, sauf si tu en fais toute une histoire au point que je finisse par céder ».

Les enfants doivent savoir qu'il y aura des moments dans la vie où ils devront accepter un simple « oui », et d'autres où ils devront accepter un simple « non ». Cet enseignement commence lors des premiers choix et des premières explorations que feront nos enfants.

Quand l'enfant grandit, les choix entre le oui et le non deviennent de plus en plus complexes, mais nous devons leur enseigner clairement que pour certaines choses, il y a toujours un choix entre OUI et NON.

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