Dans certains pays européens, le quart de tous
les vols a été commis par des enfants de moins
de 16 ans. Des enfants qui, aux yeux de la loi, sont trop
jeunes pour être responsables et qui néanmoins,
commettent les plus « adultes » des délits.
Certaines écoles fréquentées par des
enfants de cinq à sept ans ont même des gangs
! Il y a dix ans environ, un ministre unitairien, Robert
Fulgham, s'est aperçu que la plupart des principes
qui régissent notre vie d'adulte, peuvent en fait
être appris dans les petites classes - des principes
tels que « partager », « ne pas frapper
les gens », « apprendre et réfléchir,
et jouer de temps en temps ».
Combien nos enfants seraient-ils plus heureux et en meilleure
santé si la majorité d'entre eux apprenaient
ces valeurs à la maternelle ainsi qu'à la
maison. Combien plus satisfaisantes pourraient être
leurs amitiés et leurs relations avec les autres.
Et combien plus productives seraient les années passées
à les éduquer.
Qu'est-ce que la discipline ?
La question que nous considérons ici est celle
de la discipline. Une intervention appropriée dans
la vie d'un enfant destinée à modifier son
comportement plutôt que de le laisser sans aucun contrôle.
Les enfants ne concluront pas d'eux-mêmes que ces
règles en apparence si simples sont bonnes, si on
ne leur apprend pas pourquoi elles sont efficaces et comment
les mettre en pratique.
Aujourd'hui les gens réagissent souvent de façon
négative à la seule évocation du mot
« discipline ». Le Petit Larousse définit
la discipline comme : la soumission à des règles
ou à un règlement. Aussitôt, des idées
négatives de sévérité, de force
physique, ainsi que de lois et de règlements rigides,
nous viennent à l'esprit.
Mais d'un autre côté, le même dictionnaire
définit la discipline de manière plus simple
comme un entraînement moral et mental. Si nous considérons
cette seule définition, nous pouvons voir que la
discipline en elle-même n'est pas si négative.
Toutefois, la question demeure : comment s'y prendre ?
Nous nous devons de donner à nos enfants quelques
bases de conduite. Si nous les laissons faire face à
la vie sans restrictions dans leur comportement, nous ne
leur rendrons pas service. C'est en fait une sorte d'abus
et d'abandon.
La vie peut être une aventure magnifique. Et la vie
des enfants ne sera que plus heureuse, si on leur apprend
à développer des contacts positifs ainsi qu'à
résoudre les conflits auxquels ils peuvent faire
face.
Les préparer pour la vie
Comment donc pouvons-nous aider nos enfants à se
préparer pour l'aventure de la vie ?
Nous devons être capables de faire preuve d'un amour
inconditionnel. Savoir dissocier une action inacceptable
de la personne qui l'a commise. Un enfant mérite
notre amour en tout temps - mais son comportement peut ne
pas toujours mériter notre amour et notre acceptation.
Nous devons être sûrs d'avoir nous-mêmes
appris ces précieuses leçons que l'on apprend
étant enfant. Contrôlons-nous nos émotions
et sommes-nous capables d'évaluer notre PROPRE comportement
? Serions-nous des membres appréciés et bienvenus
dans une classe d'enfants?
Nous devons être capables de reconnaître les
besoins physiques de nos enfants. Si un enfant a faim, s'il
est fatigué, malade, s'il a froid, chaud, ou s'il
n'est pas à son aise, s'il a peur ou s'il se sent
abandonné, alors il réagira d'une façon
négative. Nous devons pouvoir reconnaître la
différence entre une réaction négative
et un choix négatif. Nous devons avoir une attitude
cohérente. Nous n'aiderons pas nos enfants en tolérant
leurs mauvais comportements. Lorsque nous évitons
de faire face à une attitude négative, nous
condamnons nos enfants à être rejetés
du monde. Ils ne sauront pas quoi faire lorsque les autres
refuseront d'accepter leurs habitudes antisociales. Cela
les laissera confus et blessés.
Leur enseigner de bonnes habitudes
Enseignez le principe de cause à effet de manière
à ce que votre enfant le comprenne. C'est ce qu'on
appelle de nos jours le renforcement positif et négatif.
L'idée de base étant que lorsque nos enfants
font des choix positifs, nous réagissons de façon
positive. Ils apprennent que partager et remettre les choses
à leur place sont de bons principes parce que cela
rend les autres heureux, ce qui les rends heureux à
leur tour.
Les enfants feront sans doute moins de mal aux autres si
on leur a enseigné que leurs actions peuvent produire
le mal dont ils ne voudraient pas souffrir eux-mêmes.
Très jeunes, ils peuvent apprendre à «
aimer leur prochain comme eux-mêmes » si on
leur montre qu'ils ne voudraient pas souffrir des conséquences
de leurs actions négatives.
L'un de nos enfants (qui était en maternelle à
l'époque) avait mordu très fort son plus jeune
frère. Il en résulta des marques de dents
et des pleurs. Je pris mes deux fils sur mes genoux et avec
calme je montrai à l'aîné les larmes
du plus jeune. Je lui demandai s'il savait pourquoi son
frère pleurait et s'il était content de le
voir ainsi. Non, il n'était pas heureux - il était
troublé et ennuyé. Mais il était aussi
évident que jusque là il n'avait pas tout
à fait compris en quoi cela le concernait.
Je lui demandai donc s'il aimerait que je lui morde son
bras. Cette pensée l'horrifia, bien qu'il ne pût
imaginer que j'allais le faire. Je lui expliquai alors que
son petit frère ressentait la même chose quand
il l'avait mordu. Il savait que je ne l'aurait jamais mordu,
et son petit frère aussi avait besoin de savoir que
jamais plus il n'aurait à craindre de se faire mordre
et de ressentir cette douleur.
Leur enseigner ce que « non » veut dire
Nous devons tous vivre dans un monde où existent
le Oui et le Non. Oui nous pouvons faire ou avoir telle
chose ; non nous ne pouvons pas avoir cela ; non nous ne
pouvons pas faire cela. La vie est construite sur cet équilibre
entre nos « oui », nos « non » et
ceux des autres.
Nous ne donnerons pas à nos enfants un bon départ
dans la vie si nous confondons la signification du Oui et
du Non. Quelquefois nous pensons « oui et non - mais
pas maintenant ». Ou bien nous disons « oui
» en voulant dire « non » parce que notre
promesse ne se réalise pas. « Non » peut
vouloir dire « oui » si nous finissons quand
même par céder. « Non » peut aussi
vouloir dire « non, sauf si tu en fais toute une histoire
au point que je finisse par céder ».
Les enfants doivent savoir qu'il y aura des moments dans
la vie où ils devront accepter un simple «
oui », et d'autres où ils devront accepter
un simple « non ». Cet enseignement commence
lors des premiers choix et des premières explorations
que feront nos enfants.
Quand l'enfant grandit, les choix entre le oui et le non
deviennent de plus en plus complexes, mais nous devons leur
enseigner clairement que pour certaines choses, il y a toujours
un choix entre OUI et NON.