Dépression : Comment en sortir ?
James Hammond
 

Elle était assise là, immobile, les yeux rivés au sol. Il était évident que ses pensées étaient à des milliers de kilomètres du sermon que je donnais. Un simple coup d'œil à son apparence me disait que cette femme ressemblait peu à la personne brillante et dynamique que j'avais connue pendant longtemps.

Dès que le service prit fin et que la congrégation s'en fut prendre plaisir aux rafraîchissements et à la fraternisation, je m'assis avec elle. Les larmes aux yeux, elle me raconta comment sans aucune raison apparente, elle avait soudainement commencé à se sentir incapable de faire face. « Je ne sais pas ce qui ne va pas », dit-elle. « Je me sens si désemparée et si désespérée. Tout ce que je peux faire, c'est me lever le matin. Il me semble que je n'ai aucune motivation pour faire quoi que ce soit, ne serait-ce que manger. La vie est devenue si triste. Je ne peux ni prier ni étudier. J'ai bien essayé de me secouer, mais il se trouve que je n'en ai pas la force. Il me semble que je perds pied. Est-ce que je deviens folle ? »

Le nuage de la dépression

Suzanne (qui n'est pas son vrai nom) ne perdait pas l'esprit. Elle souffrait de dépression. Et elle n'était pas la seule. La dépression est le problème de santé le plus fréquent dans le monde occidental aujourd'hui. On l'appelle le « le 'p'tit rhume' de la maladie mentale », et on estime qu'au moins 5% de la population en seront atteints à un moment ou à un autre, tandis que 30% en seront affectés durant leur vie.

En outre, les cas de dépression sont en progression. Les statistiques les plus récentes montrent que les personnes nées au cours des trois dernières décennies peuvent être touchées jusqu'à dix fois plus que celles qui sont nées au cours d'une des générations précédentes. La quantité de temps perdu au travail à cause de la dépression est estimée à environ 80 millions de jours ouvrables chaque année, coûtant ainsi à l'industrie la somme ahurissante de 40 à 50 milliards de francs environ.

Qu'est-ce au juste que la dépression ? C'est certainement beaucoup plus qu'une sensation de tristesse. Bien sûr, nous pouvons tous nous sentir misérables ou malheureux à cause de problèmes au travail, de difficultés dans les relations, des soucis d'argent, à cause de la perte de quelqu'un ou de quelque chose qui nous touchent de près. Et il n'est pas rare que rien que les tensions de la vie courante nous rendent cafardeux de temps en temps. La plupart du temps, cependant, nous semblons être en mesure de nous en sortir, en ayant recours à nos propres moyens pour nous aider à venir à bout de nos sentiments négatifs.

Mais quelquefois, ces très courts accès d'humeur noire (ou cafard) deviennent plus intenses et plus fréquents. Il peut arriver que nos sentiments de désespoir soient si prononcés et hors de proportion par rapport au reste de nos émotions, qu'ils peuvent commencer à affecter notre relation avec les autres, notre vision du futur, et l'opinion que nous nous faisons de nous-mêmes. C'est lorsque ces sentiments ne semblent pas s'améliorer qu'il faut agir. D'un point de vue sommaire, la dépression impliquera quelques-uns ou tous les symptômes suivants :

- humeur triste ou sensation de vide
- sentiments de désespoir
- aucun goût à la vie
- perte d'appétit ou tendance à trop manger
- difficulté pour dormir
- aucun intérêt pour le sexe
- inquiétude et irritabilité
- difficulté de concentration et de prise de décisions
- aucune confiance en soi
- lenteur et fatigue générale
- pensée de suicide comme « meilleure issue »

La dépression ne connaît aucune barrière de classes et elle peut affecter des gens de groupes d'âge différents, des enfants aux personnes âgées. Des études récentes ont découvert que les adolescents pouvaient souffrir de dépression plus qu'on ne le pensait auparavant. Les statistiques montrent aussi qu'apparemment les femmes, surtout celles qui ont des enfants et poursuivent une carrière, souffrent deux fois plus de dépression que les hommes.

Cela pourrait s'expliquer par le fait que les hommes étouffent souvent leurs sentiments, ou les expriment à travers des excès de boisson ou d'agressivité plutôt qu'à travers des comportements dépressifs. Certains hommes trouvent que faire l'aveu d'une dépression ruinerait leur image de virilité et de confiance en soi, et ils craignent d'être rejetés par leurs partenaires. Le taux de suicide pour les hommes souffrant de dépression est trois fois plus élevé que celui des femmes. Et, selon toute évidence, ce taux serait en rapide progression.

Quelle est la cause de la dépression ?

Il est généralement accepté que la dépression est causée par un déséquilibre des substances chimiques situés dans le cerveau, qui sont chargés de transmettre des messages d'une cellule nerveuse à une autre. Un de ces facteurs chimiques, la sérotonine, nous permettrait de contrôler nos états d'humeur.

Chez une personne déprimée, il semble que ces produits atteignent un niveau assez bas ; à partir de là, peu de messages circulent entre les cellules nerveuses, et les symptômes de dépression surviennent. Dans des circonstances normales, les variations dans la quantité de produits chimiques se corrigent d'elles-mêmes mais il semble que la dépression crée un effet autonome qui maintient à un bas niveau la sérotonine, et qui, en retour, rend la personne encore plus déprimée.

Parler à vous-même

Alors que les facteurs physiques et biologiques peuvent être la seule raison pour l'apparition de la dépression, les professionnels de la santé mentale croient qu'il y a souvent une cause psychologique, d'ordinaire reliée à la façon dont nous répondons aux hauts et aux bas de la vie. Quand une situation malheureuse ou stressante apparaît, les modes de pensée d'une personne peuvent devenir extrêmement négatifs. Quelquefois, ces pensées pessimistes ne s'arrêtent pas à un simple événement, mais s'étendent pour devenir un mode de pensée global destructeur à propos du futur, une sorte de fatalisme. De telles pensées peuvent apparaître si rapidement, que l'individu n'en est pas toujours conscient. L'attention au contraire est davantage fixé sur les sentiments réels de tristesse et de désespoir. Voilà pourquoi beaucoup de gens admettent qu'ils sont déprimés mais ne savent pas pourquoi.

Quand ces modes de pensée déformés sont solidement ancrés dans l'esprit de la personne, les chances de développer la dépression sont plus grandes. L'échec devient une manière de vivre acceptable, et la personne dépressive a le sentiment qu'il n'y a absolument rien à faire. Les thérapeutes résument cette façon erronée de se parler à soi-même par le terme de « désespoir appris » et la présentent généralement sous forme de trois hypothèses :

Vue négative de soi
« je suis une personne sans valeur... »
« je ne peux m'entendre avec personne... »
« je suis désespéré à propos de tout »

Vue négative des circonstances
« tout autour de moi est triste... »
« je ne suis plus capable de contrôler les vicissitudes de la vie... »
« je ne peux faire face aux pressions... »

Vue négative du futur
« les choses vont aller de plus en plus mal... »
« il n'y a rien que je puisse faire à cet égard... »
« cela ne changera pas... »
« pourquoi continuer ? »

De telles pensées sont un mélange de généralisations excessives et de contre-vérités, cependant la personne déprimée les croit réellement vraies. Il existe un autre genre de langage tenu à soi-même qui consiste à écarter tout ce qui est positif dans une situation donnée et à regarder uniquement le côté négatif des choses. Par exemple, si quelqu'un dit « C'est une belle journée aujourd'hui », la réponse typique pourrait être : « oui, mais il pleuvra probablement demain ».

Le mode de pensée du « tout ou rien » n'admet que des situations où tout est blanc ou bien tout est noir. Quelque chose est soit bon, soit mauvais, mais jamais nuancé. C'est le type même de pensée qui essaie de prédire à quel point les choses iront mal avant même qu'elles arrivent. « Ce n'est même pas la peine que j'apprenne à conduire - je n'y arriverai jamais », est un exemple de cette manière de penser.

Un autre mode de pensée dépressif que l'on rencontre souvent est « la distorsion irrationnelle ». On le rencontre chez des gens qui font des déclarations sur la vie en général et sur eux-mêmes, qui sont basées sur des croyances totalement irrationnelles. Une personne va tenir un discours du genre : « Il est essentiel que chaque adulte soit aimé ou approuvé par tous dans tout ce qu'il fait ! » - ou : « Une personne doit être entièrement compétente dans tout ce qu'elle fait dans la vie ».

Naturellement, si cette façon de penser imprègne toute notre vie, nous en venons à croire que si nous n'avons pas un mariage parfait ou des enfants qui sont des anges, ou que si nous n'excellons pas dans notre travail, il y a forcément quelque chose qui ne va pas, alors qu'en fait, ce qui ne va pas c'est notre mode de pensée.

Ce qui est très intéressant, c'est que les experts en matière de santé mentale croyaient que ces pensées irrationnelles étaient souvent le résultat d'une enfance troublée, d'une vie de famille défectueuse, ou d'autres événements du passé. L'approche thérapeutique habituelle était de tenter de découvrir et de travailler sur quelques unes de ces mauvaises expériences de l'enfance afin de traiter les difficultés de l'adulte.

Cependant, s'il est vrai que les circonstances de l'enfance peuvent affecter l'estime de soi chez un individu, le point important à propos du « désespoir appris », est que c'est l'interprétation que les gens donnent aux événements de la vie qui amène la dépression, et non les événements eux-mêmes. Cela fait une différence de taille. Il s'agit davantage maintenant de voir quels sont les changements qui peuvent être apportés aux mauvais modes de pensée, plutôt que de vouloir comprendre à tout prix quand ces modes de pensées ont commencé à se manifester.

Coupable ou non coupable ?

Il est triste de constater que la plupart des gens se méprennent au sujet de la dépression. Famille, amis et collègues de travail disent souvent des choses totalement fausses à ceux qui traversent des périodes d'angoisse et de désespoir. Il n'est pas rare de s'entendre dire : « Ressaisissez-vous... » - « Ne vous laissez pas aller... » ou : « Arrêtez de vous plaindre... » - « Il y a plein de gens qui vont plus mal que vous...» - « Courage... » - « Encore un petit effort. » Faire ce genre de déclaration à une personne dépressive ne sert qu'à renforcer l'irrémédiable de la situation.

Il n'est peut-être pas si surprenant, dans ces cas, que des personnes qui souffrent répondent de la façon suivante : « Si c'est si simple d'en sortir, pourquoi est-ce que je souffre toujours ?... » ou : « Il doit y avoir quelque chose qui ne va pas chez moi... » - « Je ne m'en sortirai jamais... » - « J'ai essayé de me débarrasser de mes sautes d'humeur, mais elles reviennent constamment. C'est sans espoir. ». Avec ce genre de commentaires déplacés venant des autres, c'est la maladie qui remporte une autre victoire.

Prédictions

Dans les cinq prochaines années, la partie la plus importante du travail d'un pasteur consistera à conseiller les gens.
Davantage de gens fréquenteront l'Eglise parce qu'ils y seront bien conseillés que parce qu'ils voudront participer à un culte.
Les Eglises seront des centres où tous ceux qui sont en quête de valeurs chrétiennes pourront être conseillés.
Les membres auront plus que jamais besoin d'être conseillés sur « les choses de la vie ».

Et qu'en est-il du chrétien ?

Bien que les chrétiens souffrent dans ce domaine autant que n'importe qui, la dépression peut être pour eux un problème encore plus grave. En fait, certains le considèrent comme étant l'épreuve ultime. Dans un état dépressif, les chrétiens sont soumis à une remise en question de leur propre foi, qui vient non seulement d'eux-mêmes, mais aussi parfois de ceux qu'ils côtoient dans l'Eglise.

Beaucoup de chrétiens ont reconnu que la plus grande difficulté qu'ils pouvaient éprouver avec la dépression était la culpabilité. Ils se sentent coupables parce que leur fatigue mentale les laisse pratiquement incapables de prier ou d'étudier la Bible. En conséquence, ils commencent à douter de leur foi, ou du rôle de Dieu dans leur vie. Dieu les a-t-Il abandonnés ? Peut-être est-Il en colère contre eux en les voyant agir si négativement, concluent-ils. Après tout, si une personne est vraiment chrétienne, elle ne peut devenir dépressive. Ce raisonnement négatif sur le fait d'être un raté dans la vie se transforme vite en sentiment d'inadéquation spirituelle, rendant encore plus profonde la distorsion du mode de pensée.

Malheureusement, beaucoup pensent que leur église est un endroit à éviter, plutôt qu'une source de guérison - parce que, au lieu de recevoir le bon genre de soutien, ils reçoivent encore ces conseils inappropriés : « Vous avez besoin de prier et d'étudier davantage... » - « Vous devez manquer de foi... » - « Demandez à Dieu de vous aider à aller mieux ». La liste est étendue et contribue à amonceler des sentiments de culpabilité sur une personne déjà malade. Un chrétien a dit : « Je suis allé voir mon pasteur parce que je me sentais très déprimé. Il m'a dit que Dieu essayait probablement de me montrer quelque péché caché, et que je devrais passer plus de temps à prier dans une attitude repentante, en suppliant Dieu de me montrer où je faisais quelque chose de mal. »

Un tel conseil, même bien intentionné, ne fait pas grand-chose pour aider quelqu'un qui souffre de dépression. Pire encore, il suggère que la dépression est le résultat du péché. Jusqu'à présent, il n'y a pas de raison de croire que les causes de dépression chez le chrétien soient spécifiquement le résultat d'actions ou de pensées pécheresses. Evidemment, si des sentiments comme la colère, la rancune ou la haine à l'encontre de nos semblables ne sont pas maîtrisés, ils peuvent effectivement conduire à des crises de dépression ou à d'autres problèmes d'ordre mental. Et il est vrai qu'un péché dont il ne s'est pas repenti va de toute évidence causer des problèmes dans la vie d'un chrétien. Mais suggérer que ce sont là les facteurs essentiels de la dépression est tout simplement faux. Des études ont démontré qu'il n'y avait pas de différence significative entre gens « religieux » et « non-religieux » en termes de vulnérabilité face à la dépression.

Il est également important de savoir que, si un chrétien est dépressif, sa vie spirituelle en pâtira - et tout ce qu'on peut faire dans un tel cas est de lire juste un ou deux versets dans la Bible, ou faire une petite prière de dix secondes sans avoir l'esprit ailleurs. Mais un tel état est le résultat de déficiences biochimiques dans le cerveau, et non une indication que l'on a chuté spirituellement. Il n'y a pas lieu de se culpabiliser. Dieu n'attend pas de quelqu'un qu'il fasse ce qui est au-dessus de ses forces.

Le moyen d'en sortir : Aidez-vous vous-même

Comprenons bien une chose : on ne peut pas « se ressaisir » quand on est dépressif. Ce n'est pas physiquement ou mentalement possible. En tant que chrétien, vous ne pouvez pas vous repentir vous-même de votre dépression, ou prier qu'elle s'en aille, parce que c'est précisément là une version « spiritualisée » de « se ressaisir ». La dépression est une maladie. Et il n'existe aucune évidence médicale qu'une quelconque maladie ait été guérie chez une personne qui se serait tout simplement « ressaisie ».

Ceci étant dit, pour ceux qui souffrent de dépression, il y a beaucoup de choses qu'ils peuvent faire pour y remédier. Si vous traversez une période de dépression, vous pouvez vous aider vous-même dans les domaines suivants :

- Parler aux autres. Ne refoulez rien. Au contraire, essayez de parler à vos proches - ami, collègue ou pasteur qui peuvent vous comprendre - à propos de ce que vous ressentez. Si vous avez eu un bouleversement ou un problème majeur, parlez-en. Revivez l'événement plusieurs fois, et ne craignez pas de pleurer un bon coup - cela fait partie du mécanisme naturel de guérison mentale.

- Faire de l'exercice. L'activité physique est un excellent moyen d'affronter la dépression. Il n'a pas besoin d'être éreintant - rien que le fait de marcher peut aider votre esprit à éloigner les sentiments et les pensées pénibles.

- Essayer différentes méthodes de relaxation. Apprenez à relaxer vos muscles et à prendre de profondes inspirations. Il existe plusieurs livres, cassettes et vidéos qui exposent différentes approches à la relaxation. Vous constaterez que de pouvoir vous relaxer améliorera aussi votre sommeil.

- Manger régulièrement une nourriture équilibrée. Même si vous n'avez pas un bon appétit, il est important durant les périodes de dépression de donner à votre corps le meilleur apport nutritionnel possible. Fruits et légumes frais sont particulièrement importants pour redonner les vitamines qui auront été perdues pendant la fatigue mentale.

- Eviter la tentation de noyer votre chagrin. L'alcool peut sembler un moyen facile pour éviter la déprime, mais en fait, il fait empirer la dépression, et offre davantage de risques d'aggravation de la pensée négative s'il est pris en grandes quantités.

- Changer d'état d'esprit. A cause du grand rôle qu'il joue dans la dépression, l'état d'esprit est le domaine le plus important de tous. Apprenez à discerner les pensées négatives et à rechercher des moyens réalistes et positifs de considérer une situation donnée.

Rien que le fait de prendre des notes va vous permettre d'identifier les pensées négatives que vous avez sur une période de temps donnée, ainsi que les formes que prennent ces pensées.
Pour un chrétien, la Bible est une source inestimable de vérités édifiantes et positives, qui peuvent aider à développer une attitude appropriée pour affronter les pensées négatives. Même si vous ne pouvez pas vous concentrer longtemps sur des passages des Ecritures, sélectionnez-en quelques-uns qui contiennent des paroles d'encouragement et d'espoir, et reportez-vous y régulièrement. Sachez que Jésus-Christ est toujours là pour vous, quel que soit le problème. L'apôtre Paul traversa plusieurs épreuves difficiles et put quand même dire à Jésus : « Je peux tout par celui qui me fortifie. » Christ vous aime. Il vous a en estime. Il est mort pour vous, et Il ne pense certainement pas que vous êtes bon à rien ou inutile. C'est par Christ que nous pouvons obtenir la paix d'esprit « qui surpasse toute intelligence ». Paul continua en encourageant chaque chrétien à penser à tout ce qui est vrai, honorable, juste, pur, aimable et méritant l'approbation - conseil des plus efficaces en des temps difficiles.

Quand il faut-il avoir recours à un spécialiste

Malgré vos propres efforts, aussi durs qu'ils soient, et de ceux d'amis et de membres de la famille, il y a des moments où rien ne semble renverser le cycle de la dépression. Si les symptômes n'ont pas diminué au bout de quelques semaines et ne présentent pas de signes d'amélioration, c'est alors que vous devrez vous occuper de rechercher l'aide d'une personne qualifiée.

Le premier geste évident sera de voir votre médecin. En fonction de la gravité de la dépression, il vous prescrira en principe des antidépresseurs, une psychothérapie ou les deux. Beaucoup de gens ne comprennent pas ce que sont les antidépresseurs et croient que ce sont des « pilules du bonheur » ou des tranquillisants. Une étude menée en décembre 1991 démontra que 39% des gens pensaient que les antidépresseurs créaient une forte dépendance.

En fait, les antidépresseurs modernes ne créent pas d'accoutumance, et n'ont pas non plus d'effets secondaires à long terme. Leur rôle n'est pas d'agir comme un tranquillisant, mais simplement d'augmenter le niveau de sérotonine dans le cerveau. Contrairement à d'autres médicaments, les effets des antidépresseurs demandent du temps, et bien souvent, cela prend quelques semaines avant que l'on en ressente le bénéfice.

Certains chrétiens pourraient se sentir mal à l'aise à l'idée de prendre des antidépresseurs. Mais quelquefois, le niveau de sérotonine a tellement diminué qu'une telle médication est essentielle pour rétablir un équilibre correct, avant que la personne ne soit confrontée aux problèmes de pensées négatives. Exactement comme un diabétique qui a besoin de ce qu'il devrait déjà avoir - l'insuline - de même la personne dépressive a besoin de rétablir le niveau de sérotonine. Cependant, les docteurs ne fixent pas automatiquement leur choix sur un traitement médical. La décision de prescrire des antidépresseurs dépend habituellement de la gravité de la dépression.

La psychothérapie est le mode de traitement préféré pour la plupart des personnes concernées. Les « traitements par l'écoute » - méthode moderne - sont construits autour de thérapie du comportement cognitif, qui se concentre sur le fait d'amener la personne à cheminer à partir de ses propres problèmes. Une variété de techniques sont utilisées pour aider la personne à replacer les processus de pensée négative par des modes de pensée plus réalistes. De telles approches thérapeutiques ne sont pas indiscrètes et ne vont pas à l'encontre de la conscience du chrétien.

Un espoir pour l'avenir

Il y a de bonnes nouvelles ! de très bonnes nouvelles !

Pour plus de 80% des patients, la dépression peut être traitée avec succès en un temps raisonnablement court. Cependant, même avec l'aide d'antidépresseurs et de la psychothérapie, ce succès dépendra de la capacité de l'individu d'apprendre à contrôler les réactions à ses propres pensées et sentiments.

Et cela à lui seul a d'autres effets bénéfiques. Les gens ressortent plus forts et plus à même de faire face à leurs relations et aux différentes situations. La force et la sagesse pour faire les bons choix et prendre les bonnes décisions dans la vie viennent plus facilement pour ceux qui sont passés par ce sombre tunnel du désespoir, et qui en sont sortis, avec des cicatrices mais intacts.

Un chrétien qui a été meurtri par la douleur de la dépression, une fois sorti, peut bien souvent devenir une personne plus sensible, plus attentive qu'auparavant. C'est pourquoi il ne faut pas se culpabiliser d'être dépressif. Traitez-le comme une opportunité de développer un véritable muscle spirituel - cherchez alors l'aide appropriée qui vous permettra d'en sortir.

Alors que j'étais assis avec Suzanne, elle me dit combien elle s'était sentie lasse et accablée pendant sa dépression. Je saisis ma Bible et l'ouvris à ce passage dans le livre de Matthieu où Jésus déclara : « Venez à Moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos ». Ajouté à tout ce que la société nous propose en matière de traitement, il n'y a pas de doute que le fait de pouvoir se rattacher aux promesses de Dieu est suprêmement thérapeutique.

Je suis heureux de dire qu'il ne passa pas beaucoup de temps avant que Suzanne ne soit à nouveau sur pied en tant que membre actif et alerte dans l'Eglise. Eh oui, elle semblait avoir acquis quelque chose de plus au travers de son expérience dépressive.

Comme beaucoup d'autres, Suzanne découvrit qu'il y a une porte de sortie à la dépression. Comme l'a dit M.Kathleen Casey : « La douleur est inévitable. Mais la souffrance est optionnelle ».

James Hammond est un pasteur de l'Eglise Universelle de Dieu
ainsi qu'un thérapeute et conseiller qualifié.

Lecture recommandée
Dépression comprendre et aider, F.Mirnith & P.Meier. Disponible en librairie chrétienne.

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