Elle était assise là, immobile, les yeux
rivés au sol. Il était évident que
ses pensées étaient à des milliers
de kilomètres du sermon que je donnais. Un simple
coup d'œil à son apparence me disait que cette
femme ressemblait peu à la personne brillante et
dynamique que j'avais connue pendant longtemps.
Dès que le service prit fin et que la congrégation
s'en fut prendre plaisir aux rafraîchissements et
à la fraternisation, je m'assis avec elle. Les larmes
aux yeux, elle me raconta comment sans aucune raison apparente,
elle avait soudainement commencé à se sentir
incapable de faire face. « Je ne sais pas ce qui ne
va pas », dit-elle. « Je me sens si désemparée
et si désespérée. Tout ce que je peux
faire, c'est me lever le matin. Il me semble que je n'ai
aucune motivation pour faire quoi que ce soit, ne serait-ce
que manger. La vie est devenue si triste. Je ne peux ni
prier ni étudier. J'ai bien essayé de me secouer,
mais il se trouve que je n'en ai pas la force. Il me semble
que je perds pied. Est-ce que je deviens folle ? »
Le nuage de la dépression
Suzanne (qui n'est pas son vrai nom) ne perdait pas l'esprit.
Elle souffrait de dépression. Et elle n'était
pas la seule. La dépression est le problème
de santé le plus fréquent dans le monde occidental
aujourd'hui. On l'appelle le « le 'p'tit rhume' de
la maladie mentale », et on estime qu'au moins 5%
de la population en seront atteints à un moment ou
à un autre, tandis que 30% en seront affectés
durant leur vie.
En outre, les cas de dépression sont en progression.
Les statistiques les plus récentes montrent que les
personnes nées au cours des trois dernières
décennies peuvent être touchées jusqu'à
dix fois plus que celles qui sont nées au cours d'une
des générations précédentes.
La quantité de temps perdu au travail à cause
de la dépression est estimée à environ
80 millions de jours ouvrables chaque année, coûtant
ainsi à l'industrie la somme ahurissante de 40 à
50 milliards de francs environ.
Qu'est-ce au juste que la dépression ? C'est certainement
beaucoup plus qu'une sensation de tristesse. Bien sûr,
nous pouvons tous nous sentir misérables ou malheureux
à cause de problèmes au travail, de difficultés
dans les relations, des soucis d'argent, à cause
de la perte de quelqu'un ou de quelque chose qui nous touchent
de près. Et il n'est pas rare que rien que les tensions
de la vie courante nous rendent cafardeux de temps en temps.
La plupart du temps, cependant, nous semblons être
en mesure de nous en sortir, en ayant recours à nos
propres moyens pour nous aider à venir à bout
de nos sentiments négatifs.
Mais quelquefois, ces très courts accès d'humeur
noire (ou cafard) deviennent plus intenses et plus fréquents.
Il peut arriver que nos sentiments de désespoir soient
si prononcés et hors de proportion par rapport au
reste de nos émotions, qu'ils peuvent commencer à
affecter notre relation avec les autres, notre vision du
futur, et l'opinion que nous nous faisons de nous-mêmes.
C'est lorsque ces sentiments ne semblent pas s'améliorer
qu'il faut agir. D'un point de vue sommaire, la dépression
impliquera quelques-uns ou tous les symptômes suivants
:
- humeur triste ou sensation de vide
- sentiments de désespoir
- aucun goût à la vie
- perte d'appétit ou tendance à trop manger
- difficulté pour dormir
- aucun intérêt pour le sexe
- inquiétude et irritabilité
- difficulté de concentration et de prise de décisions
- aucune confiance en soi
- lenteur et fatigue générale
- pensée de suicide comme « meilleure issue
»
La dépression ne connaît aucune barrière
de classes et elle peut affecter des gens de groupes d'âge
différents, des enfants aux personnes âgées.
Des études récentes ont découvert que
les adolescents pouvaient souffrir de dépression
plus qu'on ne le pensait auparavant. Les statistiques montrent
aussi qu'apparemment les femmes, surtout celles qui ont
des enfants et poursuivent une carrière, souffrent
deux fois plus de dépression que les hommes.
Cela pourrait s'expliquer par le fait que les hommes étouffent
souvent leurs sentiments, ou les expriment à travers
des excès de boisson ou d'agressivité plutôt
qu'à travers des comportements dépressifs.
Certains hommes trouvent que faire l'aveu d'une dépression
ruinerait leur image de virilité et de confiance
en soi, et ils craignent d'être rejetés par
leurs partenaires. Le taux de suicide pour les hommes souffrant
de dépression est trois fois plus élevé
que celui des femmes. Et, selon toute évidence, ce
taux serait en rapide progression.
Quelle est la cause de la dépression ?
Il est généralement accepté que la
dépression est causée par un déséquilibre
des substances chimiques situés dans le cerveau,
qui sont chargés de transmettre des messages d'une
cellule nerveuse à une autre. Un de ces facteurs
chimiques, la sérotonine, nous permettrait de contrôler
nos états d'humeur.
Chez une personne déprimée, il semble que
ces produits atteignent un niveau assez bas ; à partir
de là, peu de messages circulent entre les cellules
nerveuses, et les symptômes de dépression surviennent.
Dans des circonstances normales, les variations dans la
quantité de produits chimiques se corrigent d'elles-mêmes
mais il semble que la dépression crée un effet
autonome qui maintient à un bas niveau la sérotonine,
et qui, en retour, rend la personne encore plus déprimée.
Parler à vous-même
Alors que les facteurs physiques et biologiques peuvent
être la seule raison pour l'apparition de la dépression,
les professionnels de la santé mentale croient qu'il
y a souvent une cause psychologique, d'ordinaire reliée
à la façon dont nous répondons aux
hauts et aux bas de la vie. Quand une situation malheureuse
ou stressante apparaît, les modes de pensée
d'une personne peuvent devenir extrêmement négatifs.
Quelquefois, ces pensées pessimistes ne s'arrêtent
pas à un simple événement, mais s'étendent
pour devenir un mode de pensée global destructeur
à propos du futur, une sorte de fatalisme. De telles
pensées peuvent apparaître si rapidement, que
l'individu n'en est pas toujours conscient. L'attention
au contraire est davantage fixé sur les sentiments
réels de tristesse et de désespoir. Voilà
pourquoi beaucoup de gens admettent qu'ils sont déprimés
mais ne savent pas pourquoi.
Quand ces modes de pensée déformés
sont solidement ancrés dans l'esprit de la personne,
les chances de développer la dépression sont
plus grandes. L'échec devient une manière
de vivre acceptable, et la personne dépressive a
le sentiment qu'il n'y a absolument rien à faire.
Les thérapeutes résument cette façon
erronée de se parler à soi-même par
le terme de « désespoir appris » et la
présentent généralement sous forme
de trois hypothèses :
Vue négative de soi
« je suis une personne sans valeur... »
« je ne peux m'entendre avec personne... »
« je suis désespéré à
propos de tout »
Vue négative des circonstances
« tout autour de moi est triste... »
« je ne suis plus capable de contrôler les vicissitudes
de la vie... »
« je ne peux faire face aux pressions... »
Vue négative du futur
« les choses vont aller de plus en plus mal... »
« il n'y a rien que je puisse faire à cet égard...
»
« cela ne changera pas... »
« pourquoi continuer ? »
De telles pensées sont un mélange de généralisations
excessives et de contre-vérités, cependant
la personne déprimée les croit réellement
vraies. Il existe un autre genre de langage tenu à
soi-même qui consiste à écarter tout
ce qui est positif dans une situation donnée et à
regarder uniquement le côté négatif
des choses. Par exemple, si quelqu'un dit « C'est
une belle journée aujourd'hui », la réponse
typique pourrait être : « oui, mais il pleuvra
probablement demain ».
Le mode de pensée du « tout ou rien »
n'admet que des situations où tout est blanc ou bien
tout est noir. Quelque chose est soit bon, soit mauvais,
mais jamais nuancé. C'est le type même de pensée
qui essaie de prédire à quel point les choses
iront mal avant même qu'elles arrivent. « Ce
n'est même pas la peine que j'apprenne à conduire
- je n'y arriverai jamais », est un exemple de cette
manière de penser.
Un autre mode de pensée dépressif que l'on
rencontre souvent est « la distorsion irrationnelle
». On le rencontre chez des gens qui font des déclarations
sur la vie en général et sur eux-mêmes,
qui sont basées sur des croyances totalement irrationnelles.
Une personne va tenir un discours du genre : « Il
est essentiel que chaque adulte soit aimé ou approuvé
par tous dans tout ce qu'il fait ! » - ou : «
Une personne doit être entièrement compétente
dans tout ce qu'elle fait dans la vie ».
Naturellement, si cette façon de penser imprègne
toute notre vie, nous en venons à croire que si nous
n'avons pas un mariage parfait ou des enfants qui sont des
anges, ou que si nous n'excellons pas dans notre travail,
il y a forcément quelque chose qui ne va pas, alors
qu'en fait, ce qui ne va pas c'est notre mode de pensée.
Ce qui est très intéressant, c'est que les
experts en matière de santé mentale croyaient
que ces pensées irrationnelles étaient souvent
le résultat d'une enfance troublée, d'une
vie de famille défectueuse, ou d'autres événements
du passé. L'approche thérapeutique habituelle
était de tenter de découvrir et de travailler
sur quelques unes de ces mauvaises expériences de
l'enfance afin de traiter les difficultés de l'adulte.
Cependant, s'il est vrai que les circonstances de l'enfance
peuvent affecter l'estime de soi chez un individu, le point
important à propos du « désespoir appris
», est que c'est l'interprétation que les gens
donnent aux événements de la vie qui amène
la dépression, et non les événements
eux-mêmes. Cela fait une différence de taille.
Il s'agit davantage maintenant de voir quels sont les changements
qui peuvent être apportés aux mauvais modes
de pensée, plutôt que de vouloir comprendre
à tout prix quand ces modes de pensées ont
commencé à se manifester.
Coupable ou non coupable ?
Il est triste de constater que la plupart des gens se
méprennent au sujet de la dépression. Famille,
amis et collègues de travail disent souvent des choses
totalement fausses à ceux qui traversent des périodes
d'angoisse et de désespoir. Il n'est pas rare de
s'entendre dire : « Ressaisissez-vous... » -
« Ne vous laissez pas aller... » ou : «
Arrêtez de vous plaindre... » - « Il y
a plein de gens qui vont plus mal que vous...» - «
Courage... » - « Encore un petit effort. »
Faire ce genre de déclaration à une personne
dépressive ne sert qu'à renforcer l'irrémédiable
de la situation.
Il n'est peut-être pas si surprenant, dans ces cas,
que des personnes qui souffrent répondent de la façon
suivante : « Si c'est si simple d'en sortir, pourquoi
est-ce que je souffre toujours ?... » ou : «
Il doit y avoir quelque chose qui ne va pas chez moi...
» - « Je ne m'en sortirai jamais... »
- « J'ai essayé de me débarrasser de
mes sautes d'humeur, mais elles reviennent constamment.
C'est sans espoir. ». Avec ce genre de commentaires
déplacés venant des autres, c'est la maladie
qui remporte une autre victoire.
Prédictions
Dans les cinq prochaines années, la partie la plus
importante du travail d'un pasteur consistera à conseiller
les gens.
Davantage de gens fréquenteront l'Eglise parce qu'ils
y seront bien conseillés que parce qu'ils voudront
participer à un culte.
Les Eglises seront des centres où tous ceux qui sont
en quête de valeurs chrétiennes pourront être
conseillés.
Les membres auront plus que jamais besoin d'être conseillés
sur « les choses de la vie ».
Et qu'en est-il du chrétien ?
Bien que les chrétiens souffrent dans ce domaine
autant que n'importe qui, la dépression peut être
pour eux un problème encore plus grave. En fait,
certains le considèrent comme étant l'épreuve
ultime. Dans un état dépressif, les chrétiens
sont soumis à une remise en question de leur propre
foi, qui vient non seulement d'eux-mêmes, mais aussi
parfois de ceux qu'ils côtoient dans l'Eglise.
Beaucoup de chrétiens ont reconnu que la plus grande
difficulté qu'ils pouvaient éprouver avec
la dépression était la culpabilité.
Ils se sentent coupables parce que leur fatigue mentale
les laisse pratiquement incapables de prier ou d'étudier
la Bible. En conséquence, ils commencent à
douter de leur foi, ou du rôle de Dieu dans leur vie.
Dieu les a-t-Il abandonnés ? Peut-être est-Il
en colère contre eux en les voyant agir si négativement,
concluent-ils. Après tout, si une personne est vraiment
chrétienne, elle ne peut devenir dépressive.
Ce raisonnement négatif sur le fait d'être
un raté dans la vie se transforme vite en sentiment
d'inadéquation spirituelle, rendant encore plus profonde
la distorsion du mode de pensée.
Malheureusement, beaucoup pensent que leur église
est un endroit à éviter, plutôt qu'une
source de guérison - parce que, au lieu de recevoir
le bon genre de soutien, ils reçoivent encore ces
conseils inappropriés : « Vous avez besoin
de prier et d'étudier davantage... » - «
Vous devez manquer de foi... » - « Demandez
à Dieu de vous aider à aller mieux ».
La liste est étendue et contribue à amonceler
des sentiments de culpabilité sur une personne déjà
malade. Un chrétien a dit : « Je suis allé
voir mon pasteur parce que je me sentais très déprimé.
Il m'a dit que Dieu essayait probablement de me montrer
quelque péché caché, et que je devrais
passer plus de temps à prier dans une attitude repentante,
en suppliant Dieu de me montrer où je faisais quelque
chose de mal. »
Un tel conseil, même bien intentionné, ne
fait pas grand-chose pour aider quelqu'un qui souffre de
dépression. Pire encore, il suggère que la
dépression est le résultat du péché.
Jusqu'à présent, il n'y a pas de raison de
croire que les causes de dépression chez le chrétien
soient spécifiquement le résultat d'actions
ou de pensées pécheresses. Evidemment, si
des sentiments comme la colère, la rancune ou la
haine à l'encontre de nos semblables ne sont pas
maîtrisés, ils peuvent effectivement conduire
à des crises de dépression ou à d'autres
problèmes d'ordre mental. Et il est vrai qu'un péché
dont il ne s'est pas repenti va de toute évidence
causer des problèmes dans la vie d'un chrétien.
Mais suggérer que ce sont là les facteurs
essentiels de la dépression est tout simplement faux.
Des études ont démontré qu'il n'y avait
pas de différence significative entre gens «
religieux » et « non-religieux » en termes
de vulnérabilité face à la dépression.
Il est également important de savoir que, si un
chrétien est dépressif, sa vie spirituelle
en pâtira - et tout ce qu'on peut faire dans un tel
cas est de lire juste un ou deux versets dans la Bible,
ou faire une petite prière de dix secondes sans avoir
l'esprit ailleurs. Mais un tel état est le résultat
de déficiences biochimiques dans le cerveau, et non
une indication que l'on a chuté spirituellement.
Il n'y a pas lieu de se culpabiliser. Dieu n'attend pas
de quelqu'un qu'il fasse ce qui est au-dessus de ses forces.
Le moyen d'en sortir : Aidez-vous vous-même
Comprenons bien une chose : on ne peut pas « se
ressaisir » quand on est dépressif. Ce n'est
pas physiquement ou mentalement possible. En tant que chrétien,
vous ne pouvez pas vous repentir vous-même de votre
dépression, ou prier qu'elle s'en aille, parce que
c'est précisément là une version «
spiritualisée » de « se ressaisir ».
La dépression est une maladie. Et il n'existe aucune
évidence médicale qu'une quelconque maladie
ait été guérie chez une personne qui
se serait tout simplement « ressaisie ».
Ceci étant dit, pour ceux qui souffrent de dépression,
il y a beaucoup de choses qu'ils peuvent faire pour y remédier.
Si vous traversez une période de dépression,
vous pouvez vous aider vous-même dans les domaines
suivants :
- Parler aux autres. Ne refoulez rien. Au contraire, essayez
de parler à vos proches - ami, collègue ou
pasteur qui peuvent vous comprendre - à propos de
ce que vous ressentez. Si vous avez eu un bouleversement
ou un problème majeur, parlez-en. Revivez l'événement
plusieurs fois, et ne craignez pas de pleurer un bon coup
- cela fait partie du mécanisme naturel de guérison
mentale.
- Faire de l'exercice. L'activité physique est
un excellent moyen d'affronter la dépression. Il
n'a pas besoin d'être éreintant - rien que
le fait de marcher peut aider votre esprit à éloigner
les sentiments et les pensées pénibles.
- Essayer différentes méthodes de relaxation.
Apprenez à relaxer vos muscles et à prendre
de profondes inspirations. Il existe plusieurs livres, cassettes
et vidéos qui exposent différentes approches
à la relaxation. Vous constaterez que de pouvoir
vous relaxer améliorera aussi votre sommeil.
- Manger régulièrement une nourriture équilibrée.
Même si vous n'avez pas un bon appétit, il
est important durant les périodes de dépression
de donner à votre corps le meilleur apport nutritionnel
possible. Fruits et légumes frais sont particulièrement
importants pour redonner les vitamines qui auront été
perdues pendant la fatigue mentale.
- Eviter la tentation de noyer votre chagrin. L'alcool
peut sembler un moyen facile pour éviter la déprime,
mais en fait, il fait empirer la dépression, et offre
davantage de risques d'aggravation de la pensée négative
s'il est pris en grandes quantités.
- Changer d'état d'esprit. A cause du grand rôle
qu'il joue dans la dépression, l'état d'esprit
est le domaine le plus important de tous. Apprenez à
discerner les pensées négatives et à
rechercher des moyens réalistes et positifs de considérer
une situation donnée.
Rien que le fait de prendre des notes va vous permettre
d'identifier les pensées négatives que vous
avez sur une période de temps donnée, ainsi
que les formes que prennent ces pensées.
Pour un chrétien, la Bible est une source inestimable
de vérités édifiantes et positives,
qui peuvent aider à développer une attitude
appropriée pour affronter les pensées négatives.
Même si vous ne pouvez pas vous concentrer longtemps
sur des passages des Ecritures, sélectionnez-en quelques-uns
qui contiennent des paroles d'encouragement et d'espoir,
et reportez-vous y régulièrement. Sachez que
Jésus-Christ est toujours là pour vous, quel
que soit le problème. L'apôtre Paul traversa
plusieurs épreuves difficiles et put quand même
dire à Jésus : « Je peux tout par celui
qui me fortifie. » Christ vous aime. Il vous a en
estime. Il est mort pour vous, et Il ne pense certainement
pas que vous êtes bon à rien ou inutile. C'est
par Christ que nous pouvons obtenir la paix d'esprit «
qui surpasse toute intelligence ». Paul continua en
encourageant chaque chrétien à penser à
tout ce qui est vrai, honorable, juste, pur, aimable et
méritant l'approbation - conseil des plus efficaces
en des temps difficiles.
Quand il faut-il avoir recours à un spécialiste
Malgré vos propres efforts, aussi durs qu'ils soient,
et de ceux d'amis et de membres de la famille, il y a des
moments où rien ne semble renverser le cycle de la
dépression. Si les symptômes n'ont pas diminué
au bout de quelques semaines et ne présentent pas
de signes d'amélioration, c'est alors que vous devrez
vous occuper de rechercher l'aide d'une personne qualifiée.
Le premier geste évident sera de voir votre médecin.
En fonction de la gravité de la dépression,
il vous prescrira en principe des antidépresseurs,
une psychothérapie ou les deux. Beaucoup de gens
ne comprennent pas ce que sont les antidépresseurs
et croient que ce sont des « pilules du bonheur »
ou des tranquillisants. Une étude menée en
décembre 1991 démontra que 39% des gens pensaient
que les antidépresseurs créaient une forte
dépendance.
En fait, les antidépresseurs modernes ne créent
pas d'accoutumance, et n'ont pas non plus d'effets secondaires
à long terme. Leur rôle n'est pas d'agir comme
un tranquillisant, mais simplement d'augmenter le niveau
de sérotonine dans le cerveau. Contrairement à
d'autres médicaments, les effets des antidépresseurs
demandent du temps, et bien souvent, cela prend quelques
semaines avant que l'on en ressente le bénéfice.
Certains chrétiens pourraient se sentir mal à
l'aise à l'idée de prendre des antidépresseurs.
Mais quelquefois, le niveau de sérotonine a tellement
diminué qu'une telle médication est essentielle
pour rétablir un équilibre correct, avant
que la personne ne soit confrontée aux problèmes
de pensées négatives. Exactement comme un
diabétique qui a besoin de ce qu'il devrait déjà
avoir - l'insuline - de même la personne dépressive
a besoin de rétablir le niveau de sérotonine.
Cependant, les docteurs ne fixent pas automatiquement leur
choix sur un traitement médical. La décision
de prescrire des antidépresseurs dépend habituellement
de la gravité de la dépression.
La psychothérapie est le mode de traitement préféré
pour la plupart des personnes concernées. Les «
traitements par l'écoute » - méthode
moderne - sont construits autour de thérapie du comportement
cognitif, qui se concentre sur le fait d'amener la personne
à cheminer à partir de ses propres problèmes.
Une variété de techniques sont utilisées
pour aider la personne à replacer les processus de
pensée négative par des modes de pensée
plus réalistes. De telles approches thérapeutiques
ne sont pas indiscrètes et ne vont pas à l'encontre
de la conscience du chrétien.
Un espoir pour l'avenir
Il y a de bonnes nouvelles ! de très bonnes nouvelles
!
Pour plus de 80% des patients, la dépression peut
être traitée avec succès en un temps
raisonnablement court. Cependant, même avec l'aide
d'antidépresseurs et de la psychothérapie,
ce succès dépendra de la capacité de
l'individu d'apprendre à contrôler les réactions
à ses propres pensées et sentiments.
Et cela à lui seul a d'autres effets bénéfiques.
Les gens ressortent plus forts et plus à même
de faire face à leurs relations et aux différentes
situations. La force et la sagesse pour faire les bons choix
et prendre les bonnes décisions dans la vie viennent
plus facilement pour ceux qui sont passés par ce
sombre tunnel du désespoir, et qui en sont sortis,
avec des cicatrices mais intacts.
Un chrétien qui a été meurtri par
la douleur de la dépression, une fois sorti, peut
bien souvent devenir une personne plus sensible, plus attentive
qu'auparavant. C'est pourquoi il ne faut pas se culpabiliser
d'être dépressif. Traitez-le comme une opportunité
de développer un véritable muscle spirituel
- cherchez alors l'aide appropriée qui vous permettra
d'en sortir.
Alors que j'étais assis avec Suzanne, elle me dit
combien elle s'était sentie lasse et accablée
pendant sa dépression. Je saisis ma Bible et l'ouvris
à ce passage dans le livre de Matthieu où
Jésus déclara : « Venez à Moi,
vous tous qui êtes fatigués et chargés,
et je vous donnerai du repos ». Ajouté à
tout ce que la société nous propose en matière
de traitement, il n'y a pas de doute que le fait de pouvoir
se rattacher aux promesses de Dieu est suprêmement
thérapeutique.
Je suis heureux de dire qu'il ne passa pas beaucoup de
temps avant que Suzanne ne soit à nouveau sur pied
en tant que membre actif et alerte dans l'Eglise. Eh oui,
elle semblait avoir acquis quelque chose de plus au travers
de son expérience dépressive.
Comme beaucoup d'autres, Suzanne découvrit qu'il
y a une porte de sortie à la dépression. Comme
l'a dit M.Kathleen Casey : « La douleur est inévitable.
Mais la souffrance est optionnelle ».
James Hammond est un pasteur de l'Eglise
Universelle de Dieu
ainsi qu'un thérapeute et conseiller qualifié.
Lecture recommandée
Dépression comprendre et aider, F.Mirnith & P.Meier.
Disponible en librairie chrétienne.