Il se peut que vous croyiez en Dieu. Mais pouvez-vous
prouver à quelqu'un d'autre qu'Il existe ? N'en soyez
pas si sûr.
Pouvez-vous me prouver que Dieu existe ? Voilà une
question qui est en fait un véritable défi.
Par où allez-vous commencer ? Il semblerait évident
de commencer par la création — par les merveilles
de l'univers et par le miracle qu'est la vie elle-même.
Toutes ces choses n'auraient pu se produire toutes seules,
n'est-ce pas ? la création est certainement la preuve
de l'existence d'un Créateur. Pas nécessairement,
aussi surprenant que cela puisse paraître. Cela montre
simplement que Dieu existe probablement.
« Probablement » signifie qu'il y a plus d'évidences
en faveur de cette croyance qu'il n'y en a contre. Mais
le mot « probablement » ne suffit pas —
ou du moins ne devrait pas suffire — pour convaincre
un non- croyant et l'amener à croire en Dieu.
Dans ma carrière de journaliste, j'ai eu à
interviewer beaucoup de scientifiques éminents qui
sont aussi de fervents chrétiens — ils sont
plus nombreux que vous ne le pensez — et ils ont tous
dit la même chose. Ce que nous voyons autour de nous
atteste de l'existence d'un Créateur, mais n'en est
pas la preuve.
Ces hommes et ces femmes n'ont pas de doutes en ce qui
les concerne. Ils prennent soin d'expliquer que leur foi
n'est pas basée sur une évidence scientifique.
Ce qu'ils ont découvert au cours de leurs carrières,
souvent brillantes, passées à étudier
les sciences naturelles, a pu renforcer leur croyance et
leur vénération pour le Créateur. Mais
aucune découverte scientifique ne prouvera l'existence
de Dieu. Voici pourquoi.
La méthode scientifique
La plupart des scientifiques travaillent de façon
méticuleuse et méthodique. Ils sont peu disposés
à reconnaître qu'une chose est un fait prouvé
jusqu'à ce qu'ils en soient sûrs.
Pour ce faire ils procèdent pas à pas au
moyen de ce qu'on appelle la méthode scientifique.
Voici comment celle-ci fonctionne : d'abord on rassemble
les données utiles obtenues par l'expérience
et par l'observation. Ensuite on les analyse systématiquement.
On suggère par la suite une hypothèse (en
d'autres termes « cela pourrait être ainsi »)
et plus tard une théorie (« cela doit certainement
être ainsi »).
D'autres scientifiques doivent alors vérifier la
théorie, et cela peut entraîner un réajustement,
une adaptation ou même un rejet de cette dernière.
C'est ainsi que les scientifiques se contrôlent en
vue d'une compréhension des faits et des lois du
monde naturel.
En réalité, ils ne sont pas aussi impartiaux
ou objectifs que cela, parce qu'ils ont des émotions,
des opinions et de la fierté comme tout le monde.
En utilisant la méthode scientifique, la science
arrive à bien répondre aux questions auxquelles
elle peut répondre.
Les anciennes croyances
Jusqu'à ces derniers siècles, la plupart
des scientifiques croyaient que toutes choses étaient
composées de quatre éléments : le feu,
le vent, l'eau et l'air. La plupart d'entre eux admirent
sans se poser de questions que la terre était le
centre de l'univers et que le soleil, la lune et les planètes
tournaient autour d'elle.
Malgré une image incomplète qu'ils avaient
du monde naturel, les anciens étaient émerveillés
par ce qu'ils en savaient. Pour certains d'entre eux c'était
une évidence de la grandeur du Créateur. «
Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue
manifeste l'oeuvre de ses mains », s'exclama l'auteur
du Psaume 19.
Même avec cette connaissance limitée, les
croyants s'étonnaient que quelqu'un puisse douter
que le cosmos fût l'œuvre d'un maître Créateur.
« Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance
éternelle et sa divinité, se voient comme
à l'œil nu quand on les considère dans
ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables », écrivit
Paul dans son épître aux Romains.
Les nouvelles perspectives
Aujourd'hui nous avons découvert encore davantage.
Nous savons que la terre est une petite planète tournant
autour d'une étoile de taille moyenne, qui en est
une parmi 100.000 millions qui forment une galaxie. Nous
savons qu'il y a des millions d'autres galaxies, toutes
possédant des millions, des milliards voire même
des trillions d'étoiles.
Pour le croyant c'est l'évidence même d'un
Créateur. La compréhension des cieux n'a pas
amené nécessairement l'homme moderne à
craindre davantage Dieu et à mieux Le connaître.
D'autres explications de l'origine et du l'évolution
du monde naturel ont été proposées.
Du point de vue scientifique, ces dernières doivent
être reconnues pour vraies jusqu'à ce que l'on
prouve leur fausseté.
A l'autre bout de l'échelle cosmique nous avons
exploré encore plus les profondeurs de l'espace.
Les physiciens qui étudient les particules ont donné
une nouvelle et merveilleuse compréhension des divers
composants de la matière. Il paraît que notre
« monde réel », à son niveau le
plus fondamental, semble se dissoudre dans un tissu de reflets
lumineux de pure énergie.
Les chances contraires
Cet univers inimaginablement grand, profondément
équilibré, avec la complexité de ses
plus petits composants, ne prouve pas, sans l'ombre d'un
doute, que c'est l'œuvre d'un maître Créateur
Architecte. Il est possible de croire que tout cela est
le produit du hasard. Il y a très peu de chance que
ce soit le cas. Mais c'est possible. Il a été
donné une explication même au miracle apparent
de la vie sans le besoin d'un Créateur.
Plus nous comprenons au sujet de la génétique,
plus cela paraît improbable. Les chances pour que
ce qu'il faut arrive au moment qu'il faut sont extraordinairement
minces.
Ainsi donc, aussi convaincantes que puissent être
pour un croyant toutes les merveilles de la création,
il est important de rappeler que ce n'est pas une preuve
irréfutable de l'existence de Dieu.
Même la Bible nous rappelle que ce n'est pas le poids
de l'évidence scientifique, mais « c'est par
la foi que nous reconnaissons que le monde a été
formé par la parole de Dieu » (Hébreux
11:3). D'autres explications sont improbables, mais elles
sont, d'un point de vue strictement scientifique, tout à
fait possibles. Car l'improbable arrive bel et bien.
Mon petit fils, à l'âge de huit mois, réalisa
le rêve de sa vie, en s'emparant un jour du téléphone
sans fil. Il s'est caché derrière le canapé
et commença tout heureux à tapoter sur les
touches. Il composa au hasard un numéro qui correspondait
à celui d'un commissariat de police qui réagit
rapidement aux gargouillis incohérents qui sortaient
de la ligne. Un policier est venu au domicile de ma fille
afin de demander si quelqu'un n'était pas en train
de s'étouffer.
Il y avait une chance sur des dizaines de millions pour
que ce petit garçon compose ce numéro de téléphone.
Pourtant cela s'est produit.
Comment trouver Dieu ?
Scientifiquement l'existence de Dieu n'a jamais été
démontrée sans l'ombre d'un doute. Donc du
point de vue scientifique — cela ne peut pas être
considéré comme un fait. Aucune observation
scientifique ne peut le prouver, bien qu'elle puisse certainement
renforcer le facteur probabilité.
Dieu a choisi de ne pas démontrer Son existence
au delà de tout doute scientifique. Pourquoi ?
Parce que l'existence de Dieu n'est pas une question comme
les autres. Si elle pouvait être prouvée scientifiquement,
elle serait un autre fait fascinant de l'univers, définitivement
clos. Certains concepts faux seraient mis de coté
et l'existence de Dieu serait quelque chose dont nous serions
sûrs maintenant. Les athées et les agnostiques
devraient changer leurs pensées comme les philosophes
médiévaux ont dû changer leurs idées
au sujet de la terre étant le centre de l'univers.
Mais il n'est pas question de changer les idées.
Le dessein de Dieu, en se révélant à
Sa création, est de changer des vies. Chercher Dieu
ne doit pas être un exercice académique. Cela
demande une responsabilité avec des implications
importantes et éternelles. C'est une connaissance
qui doit en fin de compte avoir un impact strictement personnel
sur celui qui cherche.
J'ai discuté de cela avec un éminent physicien,
et théologien. Je lui ai demandé s'il pouvait
penser à une expérience qui aiderait un scientifique
sincèrement curieux à trouver une preuve positive
de l'existence de Dieu.
Il a réfléchi un moment puis il a dit «
je pense que je lui aurais demandé de prier. De demander
à Dieu de répondre à cette prière
d'une manière compréhensible ».
Ce n'est pas éviter le sujet, c'est au contraire
le prendre à bras le corps.
Il ne pouvait donc pas. Je ne le peux pas — vous
ne pouvez pas prouver l'existence de Dieu à quelqu'un
d'autre. Chacun doit le faire pour lui-même.
Une rencontre à Athènes
Il y a environ deux mille ans, l'apôtre Paul s'opposa
aux philosophes de l'ancienne ville d'Athènes à
ce sujet. Il avait comme d'habitude prêché
l'Evangile d'abord dans les synagogues, puis dans les lieux
publics. Son message révolutionnaire à propos
du salut par l'intermédiaire d'un Sauveur crucifié
provoqua la curiosité des habitants les plus influents
de cet ancien siège du savoir.
Ils le sommèrent de se présenter devant eux
en lui disant : « Pourrions- nous savoir quelle est
cette nouvelle doctrine que tu enseignes ? Tu nous fais
entendre des choses étranges. Nous voudrions savoir
ce que cela peut être ? » (Actes 17:19-20).
Paul n'était pas intimidé. Il connaissait
son auditoire et son sujet. Les Athéniens étaient
très intéressés par les affaires religieuses
et se considéraient comme très ouverts sur
la question. Parmi les nombreuses idoles et les temples
de la ville, Paul avait remarqué un autel destiné
à un « Dieu inconnu ». Les Athéniens,
prudents et superstitieux, ne voulaient négliger
aucun dieu. Paul décida de révéler
ce « Dieu inconnu ». Il expliqua que ce Dieu
était trop grand pour être rabaissé
au niveau humain.
Il est le Créateur des cieux et de la terre et n'a
besoin ni de temple ni d'autel. Lui, le donneur de la vie
elle-même, n'attendait rien de ceux qu'Il avait créés.
Alors comment de simples mortels pourraient-ils Le connaître
? Paul expliqua qu'Il se ferait connaître à
ceux qui Le chercheraient. Et qu'ils n'auraient pas à
aller loin, parce qu'Il « n'est pas loin de chacun
de nous » (v. 27).
Une relation avec Dieu
Mais ce Dieu inconnu, qui n'a pas besoin de l'être,
ne se révélera pas juste pour satisfaire la
curiosité intellectuelle. La compréhension
de l'existence de Dieu ne devrait pas être une fin
en soi mais le début d'une relation avec Lui.
Voici donc pourquoi l'existence de Dieu est une question
à laquelle on ne peut répondre que personnellement.
Il ne peut y avoir aucun doute. Aujourd'hui comme jamais
auparavant — les cieux et tout autre chose que nous
examinons — nous montrent davantage l'ouvrage du grand
Créateur, pour ceux qui ont des yeux pour voir et
des oreilles pour entendre. Nos découvertes améliorent
notre compréhension, notre crainte et notre vénération
pour Dieu. Mais l'ultime preuve de l'existence de Dieu est
un parcours plus intime et plus personnel.
Il n'y a aucun raccourci pour prouver l'existence du Créateur
et il n'est pas nécessaire d'en avoir. Comme Paul
le disait aux Athéniens, Dieu n'est pas loin de nous.
Le premier pas vers Lui peut être quelque chose d'aussi
simple qu'une prière expérimentale, où
celui qui Le cherche sincèrement demande une réponse
qu'il puisse comprendre.