Sommes-nous esclaves sans le savoir ?
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Nous sommes des millions à être esclaves, mais nous ne voulons pas l'admettre. Nous avons appris à vivre avec notre esclavage. Or, Jésus-Christ a promis de nous libérer de tout emprisonnement spirituel. Il en a payé l'amende à notre place. Nous pouvons être libérés de nos péchés.

En quittant Cotonou, au Bénin, pour se rendre au Togo, on doit emprunter la grande route qui longe la côte en direction de l'ouest. Après environ une heure de trajet, on aperçoit le panneau indiquant Ouidah. C'est une vieille petite ville poussiéreuse, située tout près de la route, où il semble que jamais rien ne se passe. Un endroit que l'on a de la peine à imaginer et qui est appelé dans mon petit guide un « Auschwitz africain ».

C'est pour nous rappeler que cette partie du monde était autrefois connue sous le nom de " côte de l'esclavage ". Ouidah, au Benin, était l'un des principaux ports où étaient embarqués les esclaves à destination des plantations du Nouveau Monde. Pour des centaines de milliers d'êtres humains, c'était un lieu d'horreur et de désespoir.

Il n'y a pas grand chose à voir maintenant. La vieille forteresse portugaise a été rénovée et transformée en musée. Quelques vieux mousquets rouillés y sont exposés, ainsi que quelques instruments à l'aspect sinistre, qui servaient à enchaîner les esclaves. On y voit aussi une pâle impression de ce fameux dessin qui montre des esclaves entassés comme des sardines dans l'entrepont d'un négrier.

Après s'être longuement étendu sur les quelques objets exposés, mon guide me conduisit dans la cour. « Ici », expliqua-t-il, « ils attendaient - des jours, peut-être des semaines ou des mois - jusqu'à ce qu'un navire les emmène.»

La cour est maintenant un lieu plutôt agréable. On peut y voir de gros arbres très ombrageux et quelques plates-bandes de légumes appartenant au personnel du musée.

J'essayais de me représenter cet endroit rempli de captifs, hommes, femmes et enfants, vivant dans l'attente leurs derniers jours en Afrique.

Peut-être avaient-ils été arrachés de leurs villages, probablement des centaines de kilomètres à l'intérieur des terres, et forcés de marcher, attachés les uns aux autres, en direction de la côte. Ils auraient vu leurs demeures détruites, les membres de leurs familles et leurs amis tués, ou mourir d'épuisement. Maintenant, ils se recroquevillaient sous le soleil des tropiques, attendant un avenir incertain.

Les esclaves pouvaient sentir l'odeur et entendre le bruit de l'océan, qui se trouvait seulement à quelques centaines de mètres. Pour moi, c'était réconfortant. C'était un lien rassurant avec le monde que je connaissais. Pour eux, c'était encore un élément terrifiant dans l'horreur qu'était devenue leur vie. Ils ne pouvaient rien attendre d'autre que l'exil, davantage de souffrances, de cruauté et de désespoir.

J'ai essayé d'imaginer ce que c'était. Mais je n'y parvins pas. Tout comme les anciens camps de concentration nazis, Ouidah ne peut vraiment pas recréer l'horreur de son passé. Je savais maintenant que ma réponse à cet Ausschwitz africain était inadequate.

La vérité nous libère

Parce que la plupart d'entre nous n'ont jamais été emprisonnés, il nous est difficile de nous identifier avec l'esclavage ou la captivité et, par conséquent, d'apprécier pleinement la liberté. Le Christ a dit « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean8:32).

Si nous n'avons jamais connu la captivité, nous perdons une partie de la puissance de ces mots. La vérité nous affranchit ? Mais de quoi ?

Ceux qui, les premiers, entendirent ces mots ne les apprécièrent pas non plus. Ils étaient juifs, descendants du peuple choisi par Dieu. Ils croyaient fermement qu'au sens spirituel au moins, ils étaient déjà libres.

Alors ils répondirent à Jésus : «Nous sommes la postérité d'Abraham et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis-tu : Vous deviendrez libres ? » (v 33).

Jésus répondit : « Quiconque se livre au péché est esclave du péché » (v34). Son auditoire manifesta encore une plus grande colère, et certains semblaient même vouloir Le tuer - cet homme qui offrait de les libérer.

Des captifs consentants

Comment libérer des gens qui refusent d'admettre qu'ils sont captifs, ou qui ont accepté leur condition d'esclaves?

C'est ce qui malheureusement peut arriver à ceux qui deviennent esclaves. Les nouveaux esclaves ne pensaient qu'à fuir et à retrouver la liberté. Mais si la marche forcée et les mois passés à Ouidah, ou encore les horreurs vécues sur le négrier n'ont pas brisé leur volonté, les premières années de la vie à la plantation y sont parvenues.

Les nouveaux esclaves passaient à travers une période d'adaptation. Marqués, battus et déshumanisés, tous, exceptés les plus forts, se résignaient à leur sort.

Esclaves du péché

Est-ce différent en ce qui concerne les esclaves du péché ? «Tous ont péché», dit la Bible. Jésus ne S'adressait pas aux bigots du premier siècle seulement, mais aussi à vous et à moi. Aujourd'hui, la plupart d'entre nous ne réagiraient pas avec autant de colère qu'eux. Nous ne réagirions tout simplement pas.

Notre culture est plus tolérante envers la faiblesse humaine, et la plupart d'entre nous ne ressentent pas le besoin de défendre leur droiture. Nous péchons certainement, mais tous pèchent.

Nous penserions probablement que Jésus était en train d'exagérer un peu. Esclaves du péché ? Des captifs sans défense pris au piège du péché ? C'est un peu fort. Le péché, tout comme l'esclavage, est quelque chose avec lequel nous apprenons à vivre.

Mais il y a un problème. La Bible dit que le péché nous tuera !

Si le salaire du péché n'est pas une conscience coupable occasionnelle, mais la mort, c'est donc une chose dont nous devons être délivrés - et en être sauvés. Les pécheurs ont besoin d'un Sauveur.

C'est pourquoi la bonne nouvelle que Christ a apportée était une promesse de liberté et de vie. Au début de Son ministère, Il a dit qu'Il était venu «annoncer une bonne nouvelle aux pauvres », « proclamer aux captifs la délivrance » et « renvoyer libres les opprimés » (Luc4:18-19).

Nous pouvons être si habitués à penser à Christ comme notre « Maître et Sauveur » et croire qu'Il est « mort pour nous », que nous pouvons perdre de vue ce que cette vérité merveilleuse signifie réellement. Jésus-Christ est venu nous montrer la voie pour être libérés d'une manière de vivre destructrice dont l'amende ultime est la mort.

Peut-être luttons-nous contre l'alcoolisme ou la drogue. Ou bien sommes-nous les victimes sans défense d'abus passés ou de préjugés raciaux. Ou bien sommes-nous homosexuels et voulons-nous quitter ce mode de vie. Nous vivons tous sous l'effet de l'orgueil, de la jalousie, de la convoitise et de la cupidité.

Ce sont là les conséquences du péché - les miens et les vôtres. Le péché nous retient prisonniers tout autant que les barreaux de fer, les murs ou les fils barbelés.

Mais si nous acceptons cette prison comme faisant partie des choses de la vie, la bonne nouvelle de la libération peut sembler irréaliste et hors de propos. Ou peut-être même une menace. Ainsi la bonne nouvelle de la liberté promise ne semble pas être une bonne nouvelle au sujet de quelque chose dont nous avons besoin, ou du moins qui nous préoccupe en ce moment.

Peut-être nous souvenons-nous trop bien des échecs que nous avons subis en essayant de vaincre nos faiblesses. Nous ne voulons pas vivre à nouveau cette expérience. Peut-être qu'un jour, quand nous serons plus âgés, nous aurons le temps de penser à ces choses. Dans l'immédiat, nous pourrions très bien nous résigner à vivre avec le fardeau de ce que nous sommes. Comme des esclaves, nous acceptons notre condition et étouffons promptement tout désir de réveil spirituel.

« Je dirai au revoir ici »

Au début de cette année, j'ai rendu visite à un ami qui purge une longue peine en prison. Mon ami jouit d'un régime spécial de semi-liberté. Il était pour ainsi dire le maître des lieux, à l'intérieur de la clôture. Pendant plusieurs heures, nous avons presque oublié où nous étions. Juste deux hommes, appréciant la compagnie l'un de l'autre.

Puis arriva l'heure de partir. Pour moi, les barreaux, les serrures et les fils barbelés n'étaient pas un obstacle. J'étais libre de passer à travers.

Mais comme nous marchions vers la clôture, mon ami s'arrêta soudainement et me dit : « Je dirai au revoir ici».

Une ligne jaune traversait la route, à environ cinq mètres de la sortie. «Je n'ai pas le droit de la franchir», me dit-il. C'était seulement une ligne peinte sur le sol, mais pour lui c'était une véritable barrière.

Il en est ainsi du péché. Il nous enferme à l'intérieur de barrières que nous nous imposons, ou permettons qu'elles nous soient imposées. C'est une prison très personnelle qui n'en est pas moins réelle.

Christ a dit qu'Il peut nous libérer des prisons de l'esprit. Il en a payé l'amende. Il a levé notre condamnation. Il Se tient debout de l'autre côté de la ligne, avec la promesse de la liberté.

Mais cette offre de liberté requiert une réponse de notre part. Nous devons écouter l'Evangile et y réfléchir. Ensuite, si nous croyons que c'est la vérité qui peut nous libérer, nous devons nous y fier et franchir la ligne qui nous affranchit de l'esclavage du péché.

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