La marque de la bête, Armageddon, les quatre cavaliers,
666, Babylone la grande, les sept derniers fléaux,
l'abîme, l'étang de feu.
Ces visions de terreur et de catastrophe, tirées
du livre de l'Apocalypse ont enflammé l'imagination
populaire. Même la presse profane utilise les images
d«'Armageddon» et des «quatre cavaliers
de l'Apocalypse» pour décrire les calamités
qui frappent notre monde.
Un livre mal compris
On pense que le livre de l'Apocalypse a été
écrit aux environs de 96 après Jésus-Christ.
Malgré les mille neuf cents ans de fascination qu'elle
a exercés, la lettre de Jean adressée aux
Eglises dont il avait la charge,continueà être
mal comprise et très mal interprétée.
Une idée fausse, largement répandue, consiste
à croire que l'Apocalypse n'a rien d'important à
nous dire. On considère qu'il s'agit simplement d'un
assemblage bizarre d'écrits du premier siècle,
n'ayant aucun rapport avec notre époque.
On a tort aussi de penser que l'Apocalypse est un livre
codé, décrivant à l'avance un moment
donné de l'histoire. De nombreux interprètes
ont essayé de «décoder» le livre
et d'en faire un manuel prédisant la fin du monde.
Cela n'a rien de nouveau. Vers le milieu du IIe siècle,
un chrétien nouvellement baptisé du nom de
Montan, prétendait avoir des dons charismatiques.
Il enseignait que l'Eglise venait d'entrer dans sa phase
finale.
Montan et ses disciples prédisaient que la fin du
monde était proche. La nouvelle Jérusalem
était sur le point de descendre sur le village de
Pépuza, dans ce qui est maintenant la Turquie. Pour
développer de telles idées, Montan et ses
disciples s'appuyaient en grande partie sur le livre de
l'Apocalypse. L'influence de cet homme se répandit
rapidement et largement parmi les chrétiens du monde
romain.
Mais la prophétie de Montan échoua. Son interprétation
erronée de l'Apocalypse ternit la réputation
de ce livre au point que certains chrétiens pensèrent
qu'il n'aurait jamais dû être accepté
dans le canon de l'Eglise.
De Montan à nos jours, les groupes chrétiens
qui affirmèrent que l'Apocalypse indiquait avec précision
les événements et les personnalités
destempsdelafin,se sonttoustrompés.Ceci devrait être
pour les chrétiens une mise en garde contrel'utilisationdece
livre en tant que manuel de prédictions.
Pour l'Eglise
Nous perdons beaucoup à ne pas lire attentivement
le premier chapitre de cette magnifique vision. Il est clair
que c'est un message que Jésus-Christ envoya à
Son apôtre, Jean, pour que celui-ci l'adresse aux
sept Eglises d'Asie Mineure, aujourd'hui la partie ouest
de la Turquie :
« Je fus saisi par l'Esprit au jour du Seigneur,
et j'entendis derrière moi une voix forte, comme
le son d'une trompette, qui disait : Ce que tu vois, écris-le
dans un livre, et envoie-le aux sept Eglises, à Ephèse,
à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à
Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée»
(Apoc. 1:10-11).
Nombreux sont ceux qui oublient que le livre de l'Apocalypse
a été écrit par un pasteur à
ses Eglises, à des chrétiens qui souffraient
à cause de leur foi. Jean était leur compagnon
dans cette tribulation (v.9).
Le livre de l'Apocalypse avait une signification de vie
ou de mort pour ceux qui l'entendirent pour la première
fois, parce qu'il leur était adressé personnellement.
Jean traitait des problèmes terribles que pouvaient
rencontrer ses frères et soeurs dans la foi. Certains
furent persécutés, torturés,voire même
décapités, comme l'indique clairement Apocalypse
20:4.
Il était nécessaire de rappeler à
ces croyants que la victoire finale dans ce monde appartenait
à ceux qui faisaient voeu d'allégeance à
Jésus-Christ, et non à l'empereur de Rome.
De ce fait, lelivrede l'Apocalypse estécritpour
deschrétiens vivant dans un monde souvent brutal.Pris
danscesens, sonmessage s'adresseà nous tous. Le livre
de l'Apocalypse dit surtout que nous devons vaincre le monde
plutôt que de le laisser nous vaincre (Apoc. 3:21).
En utilisant sept Eglises (le chiffre sept signifiant souvent
pour les anciens l'achèvement), Jean laisse entendre
que les circonstances et les problèmes auxquels ces
Eglises durent faire face, étaient typiques de ce
qui pouvait arriver aux chrétiens de l'Empire romain.
Et par là même, ces problèmes peuvent
être considérés par les chrétiens
de tout lieu et de tout temps, comme des menaces auxquelles
ils peuvent être confrontés.
Un appel urgent
Le message aux Eglises était simple mais urgent.
Les chrétiens d'Asie avaient à relever ce
défi : vivre en tant que témoins de la vérité,
même au prix de leur vie.
Les chapitres 2 et 3 révèlent clairement
que les membres de l'Eglise traversaient une crise interne.
Les problèmes internes qui assaillaient les sept
Eglises avaient un parallèle avec l'état spirituel
d'un monde qui était sous l'emprise du mal.
La vision de Jean illustre les conséquences de la
défaillance spirituelle du monde à travers
des jugements tels que les sept derniers fléaux.
Mais ces jugements menacent aussi les chrétiens (Apoc.
18:4-5).
Le livre de l'Apocalypse indique exactement à l'Eglise
comment échapper au jugement que Dieu réserve
au monde. L'Eglise doit être dans le monde et s'en
accommoder, mais elle ne doit pas en faire partie.
Selon le message de l'Apocalypse, l'Eglise doit tout d'abord
nettoyer sa propre maison spirituelle, faire quelque chose
pour remédier à son triste état spirituel
et tenir ferme contre toute persécution. L'Eglise
doit faire face au mal qui est dans le monde, représenté
par la bête et Babylone. Quand l'Eglise résiste
avec succès à la séduction néfaste
du monde (et de Satan par la même occasion), elle
prouve que Dieu existe et qu'Il règne sur tout.
Une des premières professions de foi chrétiennes
fut : « Jésus est le Seigneur » (Rom.
10:9). Le livre de l'Apocalypse fut écrit pour étayer
cette conviction. En utilisant un langage visionnaire et
symbolique, il montrait la « main invisible »
de Dieu. Le livre insiste sur le fait que c'est Dieu qui
décide du sort des nations et de leur histoire.
En effet, dans ce livre, la bête et Babylone n'ont
d'importance que parce qu'elles s'opposent à l'action
de Jésus-Christ. C'est autour de notre Seigneur que
pivote l'histoire, non autour de la femme assise sur une
bête écarlate.
Jésus-Christ règne
En décrivant, sous l'inspiration divine, le jugement
futur de la bête et de ceux qui persécutaient
l'Eglise, Jean disait à sa façon : Dieu est
en charge. Jésus-Christ est le Seigneur et en fin
de compte Il exercera une influence déterminante
sur le monde.
La description symbolique du jugement du monde, telle qu'elle
se trouve dans l'Apocalypse, est un message destiné
au sage, en mêmetempsqu'unpuissant encouragement.
Les luttes et les revers quotidiens des chrétiens,
leurs combats pour la foi et contre les tentations de désespoir,
tout cela doit être considéré comme
faisant partie du gigantesque conflit qui se déroule
dans le royaume céleste.
Notre monde, où la politique et le pouvoir ont un
rôle dominant, n'est qu'une scène sur laquelle
se joue l'oeuvre rédemptrice de Dieu.
Un appel à tous les chrétiens
L'Apocalypse répond à la question : «
Qui est le Seigneur ? ». Les Eglises auxquelles Jean
écrivait souffraient sous le gouvernement de dirigeants
cruels (Apoc. 2:12-13). Elles souffraient aussi de leurs
propres errements(Apoc.3:17). Les méchants semblent
prospérer. Pourquoi ? Où était Dieu
et pourquoi n'a-t-Il pas porté secours à Son
peuple? Pourquoi être chrétiens dans un monde
pareil ? Ces questions, nous nous les posons aussi. Le livre
de l'Apocalypse traite de ces incertitudes.
Aujourd'hui, l'Apocalypse répond pour nous à
ces questions, comme elle l'a fait pour l'Eglise en 96 après
Jésus-Christ. Le livre insiste sur le fait que Dieu
règne, en dépit des apparences contraires.
Il mettra fin, tôt ou tard, à la main mise
du mal sur le monde. L'Eglise doit garder les yeux fixés
sur le Dieu tout-puissant qui est le Roi de l'univers et
sur l'Agneau qui nous a sauvés.
L'Eglise semble dénuée de tout pouvoir sur
terre et, effectivement elle l'est. Mais Jésus, qui
est notre sacrifice, a été glorifié,
et Il est à la droite du Père, contrôlant
la destinée du monde.
Ce Christ n'est pas seulement le Seigneur du monde, Il
est aussi le Seigneur et Sauveur de l'Eglise.
La foi dans la souveraineté de Dieu sur toutes choses
(le mal y compris) est le thème principal du livre
de l'Apocalypse. Mille neuf cents ans après, il est
encore en avance sur son temps.