Le péché : fiction ou réalité ?
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C'est un mot qui n'est pas très populaire. Il rappelle désagréablement le moraliste qui pointe un doigt accusateur sur les bonnes choses de la vie, auxquelles Dieu - ou peut-être votre grand-mère - ne voudrait pas que vous preniez part. Le groupe « Pet shop boys » a obtenu un grand succès avec sa complainte d'adolescents chargés de sentiments de culpabilité, intitulée : « It's a sin» (c'est un péché).

Il n'est quand même pas convenable, dans notre monde moderne et cultivé, d'appeler quoi que ce soit un péché, n'est-ce pas ? Mais quand il arrive quelque chose d'horrible, nous n'en sommes plus si sûrs. Comme lorsque Philip Lawrence, directeur d'une école londonnienne, a été tué à coups de couteau, alors qu'il se portait au secours d'un de ses élèves, qui était attaqué par un gang, juste devant la porte de l'établissement. Ce fut, à coup sûr, un péché .

De nombreux actes ou incidents « coupables » de ce genre ont lieu tous les jours. En Corée, un supermarché, mal construit, s'effondre brusquement, écrasant des centaines de clients. L'explosion d'une bombe posée par un terroriste fait de nombreuses victimes parmi d'innocents spectateurs. Un avion-cargo, trop chargé, s'écrase sur un marché très fréquenté au Zaïre (voir article page 5). Ces événements horribles nous rappellent que lorsque les gens sont furieux, cruels, cupides, égoïstes ou négligents, d'autres en souffrent. Ils nous le rappellent du moins pour un temps. Puis les journaux sont jetés à la poubelle et nous oublions. Mais gardons-nous de nous débarrasser si aisément de nos émotions.

Le péché est-il démodé ? Ou est-ce quelque chose auquel nous devons faire face et que nous devons comprendre ?

Philip Lawrence avait déclaré à un journaliste, peu avant sa mort : « Nous croyons qu'il existe une différence entre le bien et le mal ». Il était chrétien et croyait au péché. Si on fait le mal - si on commet un péché - il y a certainement quelque chose à faire, face à cette réalité.

Que faire ?

Les chrétiens savent ce qu'il faudrait faire : que les pécheurs acceptent Jésus-Christ comme leur Sauveur, « parce qu'Il est mort pour nos péchés ». Ceux qui ont grandi dans une culture chrétienne (qui est encore la nôtre, du moins de nom) ne se souviennent probablement pas qu'il y eut jamais un temps où ils n'avaient pas cette notion. Mais qu'est-ce que cela veut dire exactement ?

Le fait le plus solidement établi à propos de la vie de Jésus de Nazareth, est qu'Il a été crucifié à l'époque où Ponce Pilate était gouverneur de la province romaine de Judée (27-37 apr J.C.).

Paul et tous ceux qui comme lui ont enseigné tout au début du christianisme n'annonçaient pas seulement la manière dont était mort le Christ, mais aussi la signification de Sa mort. Jésus mort « pour nos péchés » était au centre de leur croyance.

Nous voici de nouveau face à ce mot : péché. c'est un mot fort ancien, qui veut dire, offense, faute, mauvaise action. Les premières apparitions de ce mot sous forme écrite (10ème siècle) montrent que le « péché » n'était pas seulement quelque chose qui n'était pas bien selon les normes acceptables de cette époque. Le péché était - et est toujours - la transgression d'une loi, ou norme, divine.

Et c'est là le problème. Bien qu'il soit difficile de l'admettre, la plupart d'entre nous peuvent accepter le fait d'avoir offensé les autres. Mais nous pensons être les seuls à pouvoir déterminer jusqu'à quel point nous avons eu tort. Si quelqu'un souffre, alors c'est vraiment mal. Mais si ce qui s'est passé ne fait de mal à personne, ce n'est pas si méchant que cela, n'est-ce pas ?

Le péché offense-t-il Dieu ?

En ce qui concerne Dieu, beaucoup d'entre nous ne sont plus certains qu'Il existe. Ou alors s'Il existe, Il n'est qu'une sorte de puissance élémentaire qui soutient l'univers. Il n'est certainement pas affecté par les choses que nous faisons.

Mais la Bible affirme à maintes reprises que Dieu se préoccupe bien de ce que nous faisons, et a des idées précises sur la manière dont nous devons nous comporter. La Bible dit aussi que, lorsque vous offensez quelqu'un, vous offensez aussi Dieu.

Donc les chrétiens, tenus par « la règle d'or » qui consiste à aimer Dieu et à aimer son prochain comme soi-même, doivent relever un double défi. Il ne peuvent pas ignorer la question du péché et de ses conséquences.

Il nous arrive bien de faire des choses que nous reconnaissons ne pas être justes.

Pourquoi cela ? Paul apporte-t-il la réponse quand il parle d'une tendance qu'il voyait en lui, qui le poussait à faire ce qu'il ne voulait pas faire ? Il l'a appelé « le péché », et non pas « les péchés ». Expliquant l'influence de cette « force obscure » aux chrétiens de Rome, il écrivait : « Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais...

Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi » (Romains 7:15-20).

Paul voyait une différence entre sa volonté - ce qu'il voulait faire - et ce qu'il faisait. Sa conception du péché allait au-delà de l'idée de transgressions spécifiques de lois. Pour lui, le problème était son incapacité de ne pas pécher, même s'il était bien intentionné. La question n'était pas qu'il faisait des choses qui n'étaient pas bien, mais que quelque chose en lui était mauvais.

L'ancien Israël a reçu une loi directement de Dieu. Cette loi donnait aux Israélites le sentiment d'être « un peuple spécial »; cependant, lorsqu'ils sont entrés en contact avec le monde grec et le monde romain, ils furent surpris de trouver des professeurs de morale qui enseignaient bon nombre de préceptes qui étaient semblables à leur loi divine. Il semble que, même sans révélation divine, l'être humain soit en mesure de percevoir quand quelque chose n'est pas bien.

Paul a expliqué comment « les paiens, qui n'ont pas la loi, font naturellement ce que prescrit la loi ». On ne peut donc pas dire que le péché est une question de manque de connaissance morale. L'homme peut percevoir ce qui est bien, mais il est incapable d'agir en conséquence. La Bible explique cela en long et en large, en montrant comment cela a commencé et comment Dieu apporte enfin la solution.

Pardonné par Christ

Puisque nos fautes et nos manquements sont principalement une offense contre Dieu, la solution doit impliquer le pardon divin. Et puisque nos péchés sont le résultat d'une « force obscure » inhérente à notre nature, la solution doit aussi impliquer un changement de cette nature. Cette double réalité rendit nécessaire la mort de Christ, parce que les chrétiens croient que Jésus-Christ n'était pas seulement un homme, mais qu'Il était aussi le Fils de Dieu et qu'Il revêtit notre humanité, afin de nous réconcilier avec Son Père.

Dieu aurait-Il pu nous pardonner sans le sacrifice de Christ ? Bien sûr que oui. Dieu peut tout faire. Mais en envoyant Son Fils, comme Sauveur, Dieu nous montre qu'Il prend nos péchés très au sérieux. Dieu n'est pas du tout cet être éloigné et indifférent que beaucoup imaginent. Nos péchés L'affectent, comme un parent souffre au chevet d'un enfant malade. Il attend de nous une bonne conduite, parce qu'il n'y a pas d'autre façon pour nous d'avoir le bonheur et la paix auxquels nous aspirons.

Le péché nous fait souffrir, et Dieu a permis qu'il L'affecte également. Nous le pardonner Lui coûte quelque chose.

Il prit sur Lui-même nos souffrances, et sur la croix Il accepta de payer l'amende encourue par nos péchés : la mort. Voilà ce que signifie « Jésus est mort pour nous ».

Le sacrifice que Jésus-Christ a enduré pour nous, ne nous apporte pas seulement le pardon. Il a aussi un effet sur notre caractère. Lorsque nous saisissons pleinement l'étendue de ce que Dieu a fait pour nous afin de nous réconcilier avec Lui, nous ne pouvons faire autrement que d'être changés intérieurement en reconnaissant et en acceptant ce sacrifice.

Reconnaître que le péché existe, c'est commencer à prendre la responsabilité du mal. Se rendre compte que nos péchés ont affecté Dieu, c'est commencer à vouloir cesser de pécher.

Accepter ce que Dieu a fait pour nous, par le Christ, c'est être réconciliés avec Lui et commencer une nouvelle vie, la vie que Dieu veut que nous ayons, et qui durera éternellement.

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