Proverbes 23:23 nous dit : « Achète la vérité,
et ne la revends point » (version Synodale). Cela
signifie-t-il qu'il ne faut pas vendre des livres qui contiennent
la vérité ?
Non, car si c'était le cas, cela voudrait dire
que seuls les pécheurs vendent la vérité
et que l'unique moyen de l'acquérir serait de l'acheter
de leurs mains. Effectuer un tel achat équivaudrait
à participer à leurs péchés
! Ceci n'est donc pas la bonne explication.
Ce proverbe veut expliquer un principe à l'aide
d'un langage imagé. Cela signifie que la vérité
doit avoir une très grande valeur à nos yeux
et que nous ne devons pas nous en dessaisir. La version
du Semeur traduit le verset ainsi: « Acquiers la vérité,
la sagesse, l'instruction et le discernement, et ne t'en
dessaisis pas. » La English Version (notre traduction)
traduit l'expression ainsi : « Vérité,
sagesse, instruction et prudence méritent d'être
achetées, mais elles sont trop précieuses
pour que tu les revendes ». La Basic English déclare
« Acquiers pour toi-même ce qui est vrai et
ne le laisse pas aller pour de l'argent ». Il n'y
a aucun mal à fixer un prix à un livre, à
des leçons ou à des cours qui dispensent la
vérité.
Deutéronome 12:30-31 signifie-t-il que c'est un
péché que d'avoir des célébrations
chrétiennes lors de jours habituellement consacrés
à honorer de faux dieux ?
Dieu nous dit par l'intermédiaire de Moïse
: « Garde-toi de te laisser prendre au piège
.... et de t'informer de leurs dieux et de dire : Comment
ces nations servaient-elles leurs dieux ? Moi aussi je veux
faire de même. Tu n'agiras pas ainsi à l'égard
de l'Eternel, ton Dieu ; car elles servaient leurs dieux
en faisant toutes les abominations qui sont odieuses à
l'Eternel, et même elles brûlaient au feu leurs
fils et leurs filles en l'honneur de leurs dieux ».
Cela signifie-t-il que nous ne pouvons rien faire de ce
que faisaient les païens quand ils adoraient leurs
dieux ? Bien sûr que non ! D'ailleurs ils priaient
et chantaient des hymnes, jouaient d'instruments de musique
et buvaient du vin, et certains baptisaient même par
immersion. Ils avaient aussi des prêtres, des vêtements
spéciaux, des temples, des autels et ils offraient
des sacrifices. Ils célébraient des fêtes
annuelles en relation avec les saisons. Aucune de ces pratiques
n'est mauvaise en soi. Certaines constituent même
une partie essentielle du christianisme.
Puisque Deutéronome 12 n'interdit pas toute pratique
d'adoration païenne, qu'interdit-il donc ? C'est là
que le contexte du chapitre livre le véritable sens
de ce qui est prohibé. « Car elles servaient
leurs dieux en faisant toutes les abominations qui sont
odieuses à l'Eternel ». Le problème
n'est pas l'adoration elle-même, mais plutôt
les pratiques détestables commises lors de cette
adoration. L'exemple cité au verset 31 concerne les
sacrifices d'enfants, un autre pourrait être la prostitution
pratiquée dans les temples.
Si nous nous reportons au début du chapitre, nous
pouvons voir le contexte. Il est principalement question,
tout au long du chapitre, du lieu d'adoration. Dieu ordonna
aux Israélites de détruire tous les hauts
lieux, tous les autels et toutes les idoles des Cananéens.
Par contre, les Israélites devaient faire tous leurs
sacrifices en un seul lieu. Ainsi il était très
difficile pour qui que ce soit d'adorer d'autres dieux.
Cela soulignait le fait qu'il n'y avait qu'un seul Dieu
et non plusieurs douzaines de divinités, chacune
ayant pouvoir et autorité sur son petit territoire.
Dans la religion cananéenne, comme dans plusieurs
autres religions païennes, les gens pensaient que les
différents dieux avaient pouvoir en certains lieux
bien précis. Le dieu qui avait beaucoup de puissance
dans une certaine région pouvait bien ne pas en avoir
autant dans une autre. Aussi les gens offraient-ils des
sacrifices dans leurs régions afin de s'attirer les
faveurs des dieux locaux.S'ils offraient des sacrifices
acceptables, ils s'attendaient à recevoir de leurs
dieux ce qu'ils leur réclamaient. En effet, leur
adoration avait pour but de montrer à leurs dieux
ce qu'ils devaient faire. C'est pourquoi ils sacrifiaient
fils et filles dans le feu - un sacrifice aussi coûteux
était sensé leur garantir une réponse
à leur demande de la part de leurs dieux.
La religion cananéenne comprenait aussi une prostitution
cultuelle. Si les gens espéraient la fertilité,
ils pratiquaient des actes sexuels au cours des services
d'adoration. Ils pensaient qu'en faisant leur part, Baal
ferait aussi la sienne. Les anthropologues qualifient cela
de magie sympathique. C'était bel et bien une tentative
de contrôle et de manipulation de leurs dieux.
La façon des Cananéens de concevoir les dieux
était erronée, de même que leur façon
de concevoir l'adoration. Leur théologie les conduisait
à des pratiques détestables ; voilà
pourquoi Dieu voulait que les Israélites détruisent
les hauts lieux des païens et ne copient pas leurs
méthodes d'adoration.
Il est clair que Deutéronome 12 ne s'applique pas
à toutes les pratiques en matière d'adoration.
Selon le contexte il est question des lieux de sacrifice
ainsi que des sacrifices d'enfants. Il s'agit de choses
qui sont détestables et abominables - des choses
que Dieu abhorre. Rien n'indique dans le texte que le jour
ait une quelconque importance.
Du fait que les jours de culte de l'Ancien Testament étaient
liés aux saisons agricoles, et que le culte cananéen
l'était aussi, il pouvait y avoir des similitudes
dans les dates concernées. Toutefois, quand Dieu
condamne les pratiques cultuelles des païens, Il parle
de certaines coutumes et non des dates où celles-ci
sont pratiquées.
La religion cananéenne avait des superstitions liées
aux lieux de culte et à l'efficacité des sacrifices
et des rituels. Mais d'un autre côté, nous
ferions aussi preuve de superstition en voulant à
tout prix éviter de faire quelque chose tout simplement
parce que les païens le faisaient. Ce qui inclurait
les prières, les cantiques et les cérémonies
de mariage. On ne doit pas laisser des païens, qui
ont existé il y a des siècles, nous dicter
ce que nous devons ou ne devons pas faire aujourd'hui.
Par conséquent, il n'est pas mauvais de se réjouir
de la naissance de Jésus, mais il est superstitieux
de penser que nous devrions éviter de le faire un
jour précis. Il serait mauvais de penser que nous
sommes obligés de célébrer un jour
particulier que la Bible n'impose pas. Ce serait aussi une
erreur de nous empêcher de nous réjouir de
la naissance du Christ à une certaine période
de l'année.
Il n'y a rien de mal à ce que des familles ou des
amis s'offrent des cadeaux au moment où ils le désirent,
mais ce serait superstitieux de croire qu'ils peuvent le
faire tous les jours de l'année, à l'exception
d'un seul. Si une pratique est détestable, elle l'est
à n'importe quel moment ou à n'importe quel
endroit. Si des choses mauvaises sont faites le 25 décembre,
par exemple, nous devons les dénoncer parce qu'elle
sont mauvaises et non à cause de la date à
laquelle elles sont faites.
Est-ce mal d'avoir des coutumes qui faisaient autrefois
partie des cultes païens?
Les pratiques païennes comprenaient des prières,
de la musique et des offrandes. Ces pratiques ne sont pas
mauvaises en elles-mêmes, et nous voyons des exemples
dans la Bible où elles sont employées pour
adorer le vrai Dieu. Les païens conduisaient des cérémonies
de mariage et utilisaient des anneaux nuptiaux, et nous
pouvons le faire aussi, même si la Bible ne nous le
commande pas.
Les païens avaient, en outre, plusieurs coutumes funèbres
comme l'embaumement, les cérémonies et les
fleurs. Même si ces coutumes courantes furent établies
selon des idées non-chrétiennes de la vie
après la mort, et sont encore pratiquées par
des non-chrétiens, on peut les intégrer à
des cérémonies chrétiennes (ce qui
se fait d'ailleurs), sans nécessairement adhérer
aux croyances d'origine.
Les païens dédiaient certains jours de la semaine
à leurs dieux, et nous utilisons leurs noms aujourd'hui
sans pour autant nous rendre coupables d'idolâtrie.
Les païens faisaient des statues à l'image de
personnes et d'animaux. Cela ne doit pas nous empêcher
d'en faire autant. Ces coutumes ont perdu leur connotation
païenne et sont devenues peu à peu religieusement
neutres. Ce n'est pas un péché, pour un architecte
par exemple, de faire une réplique des colonnes trouvées
dans les temples romains ou grecs. Des choses qui furent
jadis païennes ne le sont pas nécessairement
de nos jours.
Dans nos civilisations modernes, nul ne penserait qu'il
est déplacé pour un chrétien de posséder
une figurine ornementale représentant un oiseau,
ou un autre animal quelconque. Au temps de Moïse, toutefois,
de telles représentations auraient pu paraître
inappropriées. La connotation païenne d'une
chose est souvent une question de culture. Ce qui est acceptable
dans un pays ou un siècle donné, peut ne pas
l'être en d'autres lieux et d'autres temps. Nous n'avons
pas à nous restreindre à cause de concepts
erronés appartenant au passé.
Lors de funérailles, on peut opter pour l'embaumement,
l'inhumation, le cercueil, le caveau, la crémation
et les fleurs, sans chercher à savoir si ces pratiques
tirent leur origine du paganisme. On peut y avoir recours
sans craindre de se souiller ou de faire des compromis.
Bien sûr, certains ne se sentent pas à l'aise
avec des coutumes comme les anneaux nuptiaux ou la crémation.
Pour d'autres cela ne pose aucun problème. Chaque
personne fixe ses limites comme il l'entend, mais il convient
de respecter les opinions les uns des autres.
L'enseignement donné dans Romains 14:6-13 est tout
à fait approprié : « Celui qui participe,
c'est pour le Seigneur. Celui qui s'abstient le fait pour
le Seigneur.... Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère
? .... Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu
pour lui-même. Ne nous jugeons donc plus les uns les
autres ; mais pensez plutôt à ne rien faire
qui soit pour votre frère une pierre d'achoppement
ou une occasion de chute ».
Les principes énoncés dans I Corinthiens
8:4 et 7 s'appliquent tout autant : « Pour ce qui
est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles,
nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde et qu'il
n'y a qu'un seul Dieu .... Mais cette connaissance n'est
pas chez tous. Quelques-uns, d'après la manière
dont ils envisagent encore l'idole, mangent de ces viandes
comme étant sacrifiées aux idoles, et leur
conscience, qui est faible, en est souillée ».
Paul expliqua que les chrétiens avaient toute liberté
en la matière, mais il leur recommanda de faire attention
avec cette liberté (verset 9).
Fondamentalement, nous pouvons vivre sans nous inquiéter
de savoir ce que les païens faisaient ou ne faisaient
pas. Si une chose est mauvaise, il est mal de la faire,
que les païens l'aient faite ou pas. Si une chose n'est
pas mauvaise, nous pouvons la faire, que les païens
l'aient faite d'abord ou pas.
Les prophéties sur le Millenium indiquent que
le sabbat et les fêtes annuelles seront célébrées
quand le Christ règnera (voir Esaïe 66:23; Zacharie
14:16-19).Cela prouve-t-il que le sabbat et les fêtes
annuelles doivent être célébrées
par Son peuple aujourd'hui ?
Les prophéties décrivirent une époque
idéale où tous les peuples adoreraient Dieu.Pour
communiquer efficacement cela aux peuples de l'ancienne
alliance, les prophètes décrivirent des formes
de culte relatives à l'anciennealliance. Celles-ci
comprenaient l'observance des nouvelles lunes (Esaïe
66:23), les sacrifices dans le Temple (Zacharie 14:20-21;
Ezéchiel 45:17) et la circoncision physique (Ezéchiel
44:9; Esaïe 52:1-2). Mais ni la circoncision physique,
ni les sacrifices d'animaux ne sont des exigences religieuses
pour les chrétiens. Les prophéties sur le
Millenium ne peuvent être utilisées pour prouver
la validité de ces formes de culte pour ceux qui
sont sous la nouvelle alliance, qui ont accepté Jésus-Christ
et cru en Lui. Les prophéties concernant le Millenium
devraient être lues dans ce contexte et ne pas être
considérées comme source à partir de
laquelle nous pouvons inférer modèles et exigences
pour des chrétiens. Nos doctrines doivent être
basées sur les Ecritures qui s'adressent à
notre époque, celle de la nouvelle alliance.
Hébreux 8: 11 déclare : « Personne
n'enseignera plus son concitoyen, ni personne son frère,
en disant : Connais le Seigneur ! Car tous me connaîtront,
depuis le plus petit jusqu'au plus grand d'entre eux ».
Ce verset ne prouve-t-il pas que la nouvelle alliance n'est
pas encore établie, puisque ce n'est pas tout le
monde qui connaît le Seigneur ?
D'abord, nous devons comprendre le contexte dans lequel
se trouve ce verset. L'Epître aux Hébreux est
un livre qui compare un ordre nouveau à un ordre
ancien, en montrant comment l'un contraste avec l'autre.
Il montre que Jésus-Christ est supérieur aux
anges, à Moïse ainsi qu'à la prêtrise
d'Aaron, et qu'Il est le médiateur d'une meilleure
alliance.
Après avoir fait ces comparaisons et établi
ces contrastes, l'auteur montre que quelque chose n'allait
pas avec l'ordre ancien, l'ancienne alliance (Hébreux
8:7). En fait, l'inconvénient de cette alliance,
c'était le peuple (verset 8). En partant de ce constat,
Dieu annonça qu'Il établirait une nouvelle
alliance. Celle-ci comporterait de meilleures promesses.
Du verset 8 au verset 12, l'auteur cite Jérémie
31:31-34, qui est une prophétie concernant une nouvelle
alliance, laquelle mettait l'accent sur trois choses : Dieu
écrirait Ses lois dans notre coeur (Hébreux
8:10), la connaissance du Seigneur serait accessible du
plus petit au plus grand (verset 11) et nos péchés
ne seraient plus retenus (verset 12). Le verset 13 termine
le chapitre en déclarant que la première alliance
est obsolète. Nous sommes maintenant sous la nouvelle
alliance.
L'auteur cite à nouveau certaines parties de la
prophétie de Jérémie dans Hébreux
10:15-18. Dans ce passage, il indique clairement que le
pardon des péchés est effectif, ce qui sous-entend
que l'autre aspect de cette prophétie a aussi été
accompli.
En reprenant la prophétie de Jérémie,
l'auteur montre que dans l'ancienne alliance, les gens ne
connaissaient pas personnellement le Seigneur, puisqu'ils
avaient besoin d'être enseignés à Son
sujet. Une médiation humaine était nécessaire
dans l'ancienne alliance. La connaissance de Dieu passait
par la prêtrise. Au lieu d'avoir la loi intériorisée,
ou écrite «dans l'homme intérieur»,
le peuple mémorisait la loi comme un code extérieur.
Ce qui lui apportait une connaissance à propos de
Dieu et non pas une relation personnelle avec Lui. Sous
la nouvelle alliance, les croyants connaissent le Seigneur
grâce à une relation personnelle avec Lui.
La prophétie de Jérémie annonce que
ceux qui connaîtraient le Seigneur, du plus petit
au plus grand, Le connaîtraient d'une manière
supérieure. Les croyants connaissent le Seigneur
sans que soit requise une médiation humaine ou la
mémorisation d'un code extérieur.
Dans la nouvelle alliance il n'y a pas de classe privilégiée
qui, seule, enseigne aux autres à connaître
le Seigneur, pas plus qu'il n'y a de distinction d'âge,
de sexe ou de race ; la connaissance de Dieu est accessible
à toutes les composantes de l'humanité. Tous,
au sein du Corps de Christ, sont sur un pied d'égalité
pour ce qui est de la connaissance commune et personnelle
de Dieu.
L'Eglise continue de fixer ses regards sur l'avenir pour
l'accomplissement de toutes les promesses et bénédictions
de la nouvelle alliance. Il est important de se rappeler
que les alliances, comme les promesses, sont annoncées
avant d'être effectives. Par exemple, une partie de
la promesse faite à Abraham eut son accomplissement
des siècles après avoir été
promulguée.
La prophétie disant qu'il y aurait une nouvelle
alliance a été accomplie, car celle-ci a été
instaurée. La nouvelle alliance a commencé,
mais elle n'est pas complète, puisque les promesses
n'ont pas toutes été accomplies. Il est néanmoins
correct de dire que la nouvelle alliance a bel et bien été
instaurée, même si beaucoup de gens ne connaissent
pas encore le Seigneur.