Appelés à partager la foi
Bill Palmer
 

`Tout le monde sait que la Bible est remplie de contradictions', ai-je rétorqué, supposant avoir fièrement marqué un point dans le débat que j'avais avec mon ami.

La conversation avait débuté innocemment. Nous étions membres de l'équipe de débat de notre lycée et nous participions à un tournoi, loin de chez nous. Les débats étaient terminés et nous étions en train de tuer le temps, en attendant que les résultats soient annoncés. Au début, notre conversation était désinvolte, mais elle s'intensifia lorsque je me rendis compte, par l'une de ses remarques spontanées, que mon camarade de classe était chrétien.

Jusqu'à ce jour, j'avais toujours cru que les chrétiens étaient des gens ignorants manquant d'éducation. Mais voilà, mon ami n'était pas un ignorant. Au contraire, il était extrêmement intelligent.

J'étais fasciné par ses convictions religieuses bien ancrées. C'est ainsi que je me mis à lui poser des questions. Au début, elles visaient à le piéger mais, au fur et à mesure qu'il me donnait des réponses sensées, mes questions ont commencé à émaner d'une soif que je n'avais jamais connue.

Notre débat connut un véritable tournant lorsqu'à un moment donné, j'affirmai que la Bible se contredit. Sa réponse me prit au dépourvu. "Où?" demanda-t-il.

Ce mot, à lui seul, me percuta comme un train de marchandise. Il ne s'était pas mis à débattre avec moi, mais m'avait simplement posé une question à laquelle je ne pouvais pas répondre, pour la simple raison que je n'avais jamais pris la peine de lire la Bible pour ma propre gouverne.

Je sentais mon ignorance mise à jour, exposée. Tout en considérant les chrétiens comme des ignorants, je fus obligé de reconnaître que c'était moi qui ignorait le contenu de la Bible. Je savais que même des non-croyants reconnaissent que la Bible joua un rôle capital dans le développement de la civilisation occidentale. Je dus reconnaître que je n'avais jamais examiné cette clé de voûte de notre culture.

Plus de deux ans s'écoulèrent avant que mon ami apprenne l'impact que cette conversation eût sur moi. A l'époque, il pensa que j'avais tourné la page sur ce que j'avais entendu. Il ne savait pas que notre conversation n'était jamais loin de mes pensées, jusqu'à ce que je passe à l'action, fort de ce que j'avais appris.

"Suis-je obligé de le faire?"

Souvent, les fruits de telles expériences ne sont pas évidents à première vue. C'est une des raisons pour laquelle certains chrétiens considèrent l'évangélisation comme un fardeau, une tâche pesante, comme quelque chose à éviter.

Mais quelle responsabilité, s'il en est une, les chrétiens ont-ils à partager leur foi?

Les Écritures expliquent clairement que l'évangélisation est le devoir de tout chrétien. La `grande mission', décrite à la fin de l'Évangile selon Matthieu, est un mandat qui s'adresse à tous ceux qui suivent Jésus-Christ: `Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit' (Matthieu 28:19).

Dans la vidéo Go for it! (Allez-y!), l'évangéliste britannique Ian Knox donne quatre raisons qui devraient en tant que chrétiens, nous inciter à partager notre foi. Les trois premières ont trait à notre responsabilité:

  1. Christ nous donne l'ordre de proclamer Son message,
  2. le monde a désespérement besoin de l'Évangile
  3. les champs `déjà blanchissent pour la moisson' (Jean 4:35).

La quatrième raison concerne notre propre santé spirituelle.
   4. Nous devons partager notre foi parce que nous ne pouvons pas nous retenir.

C'était le cas de l'Église du premier siècle. Lorsque les autorités religieuses ordonnèrent aux disciples de ne plus prêcher l'Évangile, la réponse de Pierre refléta ce désir ardent: `Nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu' (Actes 4:20).

L'évangélisation émane tout naturellement d'une foi profonde qui incite les chrétiens à partager leur foi.

L'évangélisme relationnel: un fardeau?

Le plus grand facteur dans notre crainte de l'évangélisation est sans doute l'idée que partager notre foi signifie que nous devons nous placer au coin d'une rue pour distribuer des tracts. Une telle optique est non seulement source de crainte et de gêne, mais elle est en plus tout à fait inefficace.

Les non-croyants, ceux qui ont besoin de la `Bonne Nouvelle', vivent à une époque cynique, une ère où l'on ne fait plus confiance à quiconque, jusque dans les moindres choses. Nous savons tous que `rien n'est gratuit'! Voilà pourquoi nous cherchons toujours à savoir `quelle est l'astuce.' Comment peut-on dont s'attendre à être `crédible' en offrant quelque chose d'aussi intensément personnel que l'Evangile de Jésus-Christ à des personnes qui se méfient de tout le monde, y compris des chrétiens?

Il est clair que l'Eglise a besoin d'une approche différente, une approche plus personnelle, basée sur la confiance mutuelle et l'amitié. C'est ainsi que le concept de `l'évangélisme relationnel' est né. `Ce sont les gens que nous connaissons déjà,' selon Hybels et Mittelberg, `qui ont une certaine confiance en nous et en notre motivation, qui sont dès lors les plus aptes à être influencés par l'Évangile'.

Lorsque nous commençons à partager notre foi avec des gens qui ont déjà confiance en nous, nos paroles et nos actions sont bien plus naturelles. Nous ne sommes plus confrontés à la nécessité de présenter un système ou un argument artificiel.

Malheureusement, certains chrétiens pensent qu'il n'est pas bon de se lier d'amitié avec des non-croyants. Il est vrai que la Bible nous ordonne de détester le péché et de ne pas imiter la conduite des pécheurs, mais elle nous commande d'aimer le pécheur et de partager notre foi avec lui.

Passer du temps avec des non-croyants peut parfois passer pour de l'amitié envers les voies du monde. Pourtant, si nous évitons de pénétrer le monde des non-croyants, nous n'aurons jamais l'occasion de leur parler de l'Évangile. Rappelons que Jésus n'a pas limité Son amour à ceux qui L'ont suivi. Il est allé vers les pécheurs.

En fait, Il a passé tellement de temps avec eux que les pharisiens l'accusaient d'être, Lui aussi, un pécheur. Sa réponse les a remis à leur place: `Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades' (Matt. 9:12).

L'apôtre Paul est sans doute le premier exemple biblique d'un `médecin spirituel', empressé de partager sa foi. Pour ce faire, il s'est employé activement à devenir l'ami des gens inconvertis, sans pour autant imiter leur façon de vivre. `Je me suis fait tout à tous', écrit-il, `afin d'en sauver de toute manière quelques-uns' (I Corinthiens 9:22).

L'un des éléments les plus importants pouvant avoir un impact sur les non-croyants est la relation entre un vrai chrétien et Christ, son Sauveur. Nous ne pouvons pas nous attendre au succès, si nous offrons aux gens non-convertis une solution que nous n'avons pas nous-mêmes acceptée.

Toutefois, lorsque ce que nous disons sur le christianisme est basé sur la présence même de Jésus dans nos vies, sur l'amour et l'esprit de service qu'Il place en nous les personnes que nous côtoyons seront bien plus réceptives à l'Évangile.

Comment déclencher une épidémie?

Dans Becoming a Contagious Christian (Devenir un chrétien contagieux), Hybels et Mittelberg offrent cette formule pour partager sa foi: FP + P + CC = IM.

La première composante, FP, signifie `forte puissance', par référence au genre de caractère exemplaire qui fait que les gens nous remarquent. C'est `l'influence de Christ sur notre vie', l'effet transformateur de Son oeuvre en nous, qui fait que `Sa puissance et Sa présence sont... indéniables aux yeux des autres' (Matthieu 5:13-15).

La deuxième composante, P, représente la `proximité'. Ceci nous apprend que les chrétiens ne doivent pas passer tout leur temps avec d'autres chrétiens. Il nous faut passer du temps avec les non-croyants (Matthieu 5:16).

CC, le troisième élément de la formule, se réfère à la `communication claire', qui exige du chrétien qu'il expose l'Évangile clairement et sans ambages (Colossiens 4:6). Nous n'avons pas besoin d'employer un language théologique sophistiqué. Il nous faut tout simplement, saisir et assimiler les vérités essentielles et les exposer avec sincérité.

Lorsque les croyants appliquent cette formule, le résultat inévitable sur les gens inconvertis, selon Hybels et Mittelberg, est IM, ou `impact maximum' (I Pierre 2:11-12).

Après avoir partagé notre foi avec les autres et qu'ils viennent au Christ, il importe de ne pas les abandonner.

Comme des bébés qui dépendent de leurs parents en toutes choses, les chrétiens nouveau-nés ont besoin de l'appui et de l'aide des chrétiens mûrs.

Une mesure du succès

Deux ans et demi s'étaient écoulés depuis que mon ami et moi avions discuté du christianisme. Nous avions, tous deux, terminé notre première année d'université. Pour lui, les souvenirs de notre discussion s'étaient estompés dans sa mémoire. Mais pour moi son témoignage s'était avéré un tournant, un catalyseur qui provoqua des changements importants dans ma vie. C'est pour cela que je pris la décision, un jour, de le revoir pour lui dire ce qui s'était passé.

Je sonnai à sa porte avec empressement. Lorsqu'il l'ouvrit, je lui fis part sans attendre de ma foi en Christ.

Je n'oublierai jamais son air surpris. Tout ce qu'il avait retenu et perçu à l'époque du tournoi se résumait à ma réaction hostile à ses propos. Jusqu'à ce que je le revoie à sa porte, il n'avait jamais pris conscience de l'impact qu'il avait eu sur ma vie.

Nous ne pouvons pas toujours comprendre comment Dieu oeuvre dans notre vie, et nous le pouvons encore moins dans la vie des autres. Il nous faut faire attention à ne pas penser que nos conversations avec les non-croyants sont inefficaces tout simplement parce que leur vie n'est pas transformée devant nos yeux. Pour la plupart des gens à qui nous parlons, nous ne représentons qu'une étape, un jalon, sur la route de leur conversion.

La mesure de notre succès ne peut pas être quantitative, à savoir combien de gens viennent à Christ par notre intermédiaire. Nous devons mesurer notre succès en termes qualitatifs, en nous examinant pour savoir jusqu'à quel point nous reflétons l'amour de Christ.

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